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275 naissances d’immigrantes subsahariennes en 2025 à Sfax : Fatma Mseddi interpelle le ministère de la Santé

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  • 27 janvier 15:24
  • 6 min de lecture
275 naissances d’immigrantes subsahariennes en 2025 à Sfax : Fatma Mseddi interpelle le ministère de la Santé

Sur sa page officielle Facebook, la députée Fatma Mseddi, qui représente la région de Sfax à l’Assemblée des Représentants du Peuple, a publié un statut où elle évoque avoir envoyé une correspondance écrite au ministre de la Santé.

Datée du 19 janvier 2026, la correspondance comprend un questionnement sur les accouchements d’immigrantes originaires des pays d’Afrique subsaharienne dans les établissements publics de la santé. Mme Mseddi a, dans ce cadre, mentionné dans sa correspondance que durant l’année écoulée (du 1er janvier au 31 décembre 2025), pas moins de 275 naissances ont été enregistrées rien qu’au service de maternité de l’hôpital Hédi Chaker à Sfax.

Ainsi, et “conformément aux dispositions de l’article 114 de la Constitution tunisienne et de l’article 129 du Règlement intérieur de l’Assemblée”, Mseddi a rédigé un questionnement au ministre de la Santé, où elle l’interroge sur les données officielles exactes quant au nombre des naissances d’immigrants originaires d’Afrique subsaharienne ainsi que sur la liste des établissements publics et privés de santé concernés, et ce, au cours des années 2023, 2024 et 2025. Elle a en outre interrogé le ministre si la prise en charge de ces naissances (accouchement, hospitalisation, soins intensifs et suivi médical de la mère et du nourrisson) est assurée par l’Etat tunisien ou par les patients.

La correspondance comprend aussi une question sur les procédures mises en place par les ministères de la Santé, de l’Intérieur et des Affaires Sociales quant à l’enregistrement de ces naissances et si ces procédures garantissent qu’on ne les exploite pas dans des voies illégales pour une éventuelle implantation des immigrés en Tunisie.

De quoi s’agit-il au juste ? Combien d’Africaines sans papiers ont donné naissance à leurs enfants en Tunisie ? Cette procédure est-elle légale ? Ces enfants jouissent-ils de la nationalité tunisienne ? Lapresse.tn a justement interrogé Mme Fatma Mseddi à ce propos.

On naît Tunisien, on ne le devient pas…

Notre interlocutrice a, de prime abord, assuré que la loi tunisienne n’accorde pas d’office la nationalité tunisienne à un individu né en Tunisie. Et ce, indépendamment du pays d’origine de ses parents. “Ledit “droit de la terre’’ n’est pas pris en considération par la loi tunisienne. Pour avoir la nationalité tunisienne, il faut être né de parents, d’un père ou d’une mère tunisiens. Il ne suffit pas de naître sur le sol tunisien pour jouir de l’identité tunisienne”, a-t-elle expliqué d’emblée.

Toutefois, poursuit-elle, “la loi impose d’assister tout individu en danger peu importe son identité. Dès lors, un étranger a le droit d’accéder aux soins dans nos établissements, qu’ils soient publics ou privés”. Le hic, rétorque-t-elle, “c’est que, conformément à la loi, on ne doit offrir des soins qu’aux personnes ayant des documents qui prouvent leur identité.

C’est d’ailleurs le cas pour les Tunisiens ! Mais ce n’est justement pas le cas pour ces dames immigrées qui accouchent dans les hôpitaux tunisiens. Elles arrivent aux différents services de maternité sans papiers officiels et sans passeports. J’ai su qu’elles sont admises moyennant un petit bout de papier non officiel qui porte seulement leurs noms complets ! Ceci est contraire à la loi ! Le Tunisien jouit des soins dans les établissements publics quand il présente une pièce d’identité officielle, des papiers en règle et parce qu’ils payent ses impôts”.

On s’accapare des droits des tunisiennes… ?

Mme Mseddi a expliqué, que de par la responsabilité que lui incombe sa place à l’Assemblée, elle est redevable de transmettre la voix des habitants de Sfax qu’elle représente au Parlement. “Je n’ai pas agi de mon propre chef ! Qu’on ne méprenne pas, mon action n’a absolument aucune raison raciale ! Je défends seulement l’intérêt de ceux qui m’ont élue et que je représente.

Les Sfaxiens se sont adressés à moi pour m’informer que des femmes tunisiennes sur le point d’accoucher n’ont pas trouvé de lits vacants dans les services de maternité et ont été contraintes d’accoucher dans des cliniques privées ! Ces femmes tunisiennes devraient pourtant avoir la priorité pour accéder aux soins publics dans leur propre pays d’autant plus qu’elles payent leurs impôts et ont donc le total droit d’en bénéficier”, explique-t-elle.

Et d’ajouter qu’ainsi, elle a adressé un questionnement au ministre de la Santé pour connaître les chiffres exacts sur tout le territoire. “Il s’agit d’une question que je suis depuis plusieurs années. J’ai su que rien que durant l’année 2024, plus de 600 naissances ont eu lieu à l’hôpital Hédi Chaker à Sfax. Et il est du droit des citoyens de connaître les chiffres exacts tout comme il est de mon devoir de poser des questions au ministre.

Et ce, pour savoir combien ces accouchements coûtent à l’Etat tunisien et si ces naissances et hospitalisations, en grand nombre, exposent le Tunisien à des risques de santé (manque de lits, menace de propagation de maladies et autres épidémies, etc.)”, note-t-elle.

Données démographiques ?

Outre le volet sanitaire, la représentante de Sfax au Parlement a dit qu’il faut aussi connaître les chiffres pour cerner les données démographiques exactes. “Si en une seule année et dans un seul hôpital nous avons enregistré la naissance de plus de 600 enfants d’immigrants, cela aura un impact sur les données démographiques”, a-t-elle dit. Et d’ajouter que “si l’on fait une sorte de calcul de simulation en multipliant ce chiffre par le nombre des 35 hôpitaux tunisiens, on parlerait de plus de 20 000 naissances en une seule année ! Donc, à extrapoler, au bout d’une dizaine d’années seulement, le nombre de ces immigrés pourrait représenter près de 10% de la population tunisienne ! Ils seraient donc considérés comme une population de minoritaires, ce qui leur donnerait moult droits, y compris le droit de voter”, conclut-elle.

La situation semble bien plus complexe qu’elle ne paraît. Et tout observateur averti pensera aux dessous et aux conséquences de ce phénomène qui mérite une étude approfondie et un traitement de fond… Ces gens démunis qui débarquent chez nous sont des êtres humains qu’on doit traiter avec humanisme et clémence. Ce n’est même pas discutable ! Oui mais à quel prix ? Affaire à suivre…

 

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Auteur

Abir Chemli

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