Alerte au Kef : contamination bactérienne suspectée au barrage de Mellègue et suspension de l’irrigation
Les autorités agricoles ont décidé la suspension du pompage des eaux d’irrigation provenant du barrage de Mellègue, après que des analyses sanitaires ont révélé la présence possible de la bactérie Salmonella Typhimurium, a annoncé Hatem Ayachi, président de l’Union locale de l’agriculture de Nebeur.
Cette mesure préventive vise à protéger les cultures maraîchères et arboricoles, en particulier les oliveraies, contre une contamination qui pourrait compromettre la qualité sanitaire des productions et leur commercialisation. La salmonelle, bactérie pathogène bien connue pour ses effets sur l’homme, peut se fixer dans les sols et sur les végétaux irrigués, représentant un risque pour la chaîne alimentaire si elle se propage.
Face à ces soupçons, le pompage d’eau destiné à l’irrigation des périmètres agricoles a été immédiatement arrêté. Cependant, l’eau continue à s’écouler naturellement vers les exploitations des zones de Jendouba, Boussalem et l’ensemble du bassin de l’oued Mellègue, souligne le responsable agricole.
La réaction des agriculteurs de la région a été marquée par l’incertitude et l’inquiétude. Beaucoup attendent désormais la publication d’un communiqué officiel du ministère de la Santé, seule instance habilitée à confirmer formellement la nature et l’ampleur de la contamination détectée, ainsi que les mesures sanitaires à prendre.
Selon les autorités locales, les résultats complets des analyses devraient être disponibles dans les prochains jours. En fonction de ces résultats, les services compétents décideront soit de reprendre le pompage des eaux, soit de maintenir la suspension, en adoptant des mesures scientifiques adaptées pour garantir la sécurité des exploitations agricoles.
Le barrage de Mellègue, situé dans le gouvernorat du Kef, est une infrastructure hydraulique importante destinée à l’irrigation (mais non à l’eau potable) et contribue à l’approvisionnement en eau des surfaces agricoles du nord-ouest tunisien.
Et cette situation intervient dans un contexte plus large de gestion des ressources hydriques en Tunisie, où les niveaux de réserves varient selon les barrages malgré des précipitations récentes qui ont légèrement amélioré globalement la capacité des retenues d’eau à l’échelle nationale.