Boulbaba Nsir : « Il faut adopter l’archéologie préventive pour protéger les monuments historiques »
L’historien tunisien Boulbaba Nsir a déclaré, ce mardi 27 janvier 2026, que la Tunisie paie aujourd’hui le prix d’erreurs remontant à la mise en place des bases de l’économie nationale dans les années 70.
Lors d’une intervention téléphonique sur les ondes de la Radio Nationale, L’historien a précisé que l’exploitation du littoral ne s’est pas faite de manière scientifique, faute d’avoir eu recours à l’archéologie préventive.
Il a expliqué que si la création de tout projet touristique ou industriel nécessite théoriquement une autorisation de l’Institut National du Patrimoine (INP), le problème réside dans le fait qu’en Tunisie, on se contente souvent d’une simple inspection visuelle à l’œil nu.
Boulbaba Nsir a insisté sur la nécessité d’adopter l’archéologie préventive, d’autant plus que la découverte de nouveaux sites est probable, à l’image de ce qui s’est produit lors des récentes inondations à Nabeul et Mahdia.
Ces derniers jours, de fortes vagues dans les zones côtières ont révélé plusieurs trouvailles archéologiques. Le ministère des Affaires Culturelles a confirmé le déplacement d’une équipe scientifique à Nabeul, précisément sur le site de Néapolis et ses environs, pour effectuer des constats de terrain, documenter les découvertes et évaluer l’état général du site.
L’historien a également souligné que le risque d’effondrement de terrain à Sidi Bou Saïd est une conséquence directe des erreurs commises lors de l’aménagement des zones touristiques. À ce sujet, le directeur régional de la Protection Civile à Tunis, le colonel-major Mounir Rayabi, a confirmé l’apparition de fissures dans les murs de certaines habitations adjacentes au palais Ennejma Ezzahra, précisant que les autorités ont été saisies.