Gafsa : La visite technique se transforme en un interminable calvaire
À Gafsa, obtenir une visite technique pour son véhicule est devenu une épreuve de force qui frise l’absurde. Entre une plateforme de réservation saturée et un centre qui semble fonctionner au ralenti, les automobilistes sont pris au piège d’un système à bout de souffle. Alors que le parc automobile de la région explose, l’infrastructure stagne, offrant le spectacle désolant d’un service public qui ne répond plus aux besoins des citoyens.
Entre l’angoisse des amendes et le recours forcé aux centres des gouvernorats voisins, le cri de détresse des usagers est clair: il y a urgence à agir avant que le moteur de la patience ne casse définitivement.
La Presse— Ce qui devrait être une simple formalité administrative est devenue, pour les automobilistes de Gafsa, un véritable parcours du combattant. Entre une plateforme de réservation saturée et une infrastructure à l’agonie, le centre de visite technique de la région, relevant du ministère des Transports ne répond plus aux besoins d’un parc automobile en pleine explosion. Enquête sur un service public qui frôle la panne sèche.
Un goulot d’étranglement inacceptable
Le constat est amer : alors que le nombre de véhicules immatriculés dans le gouvernorat augmente de jour en jour, le centre de visite technique semble figé dans le passé. Avec seulement deux chaînes d’examen fonctionnelles et un temps de travail effectif réduit à 5 heures par jour, l’offre est dérisoire face à la demande. Ce déséquilibre flagrant crée un embouteillage administratif où le citoyen est la première victime.
Le calvaire de la prise de rendez-vous
Obtenir un créneau relève aujourd’hui du miracle. Pour les propriétaires de voitures à Gafsa, il est désormais impossible de réserver une visite seulement deux jours à l’avance. Cette saturation pousse de nombreux conducteurs dans l’illégalité malgré eux, les exposant à des infractions routières faute de pouvoir présenter un certificat de visite valide à temps.
«C’est un véritable calvaire au quotidien. On passe des heures devant nos écrans pour un rendez-vous que nous n’obtenons jamais à temps», confie un usager exaspéré.
L’exode vers Tozeur et Kébili
Face aux insuffisances relevées au centre local, une tendance surprenante — et coûteuse — se dessine : la fuite vers les gouvernorats voisins. Pour sauver leurs papiers et éviter les amendes, des dizaines d’automobilistes préfèrent parcourir des kilomètres pour se rendre aux centres de Tozeur ou de Kébili. Là-bas, le service est paradoxalement plus fluide, avec des rendez-vous fixés en moyenne à trois jours. Un paradoxe qui souligne l’urgence d’une remise à niveau technique à Gafsa.
Urgence d’une extension : plus qu’une nécessité, un impératif
Le diagnostic est clair : le centre de Gafsa a largement dépassé ses capacités de traitement. Pour épargner aux citoyens de longues et inutiles attentes, la mise en service immédiate de nouvelles chaînes d’examen est impérative. Le ministère des Transports est appelé à réagir pour adapter l’infrastructure à la réalité du parc automobile actuel.
Il ne s’agit plus de bricolage technique, mais d’une nécessité absolue pour restaurer la fluidité des services offerts aux usagers et garantir la sécurité routière dans la région.