Galerie Yosr ben Ammar : Le monde de Kaïs Dhifi
L’artiste est un voyageur aux semelles de vent, mais ses plus beaux voyages sont intérieurs. Il a mis du temps pour le découvrir.
La Presse — Kaïs Dhifi évolue dans un univers étrange, un entre-deux ondulant entre pesanteur et élévation, rigidité et fluidité. Sur de l’aluminium brossé, de l’inox, qu’il pare d’éclats et de textures insolites, il appose des structures d’acier riveté aux couleurs primaires et offre un monde magique où les fantasmagories, les cosmogonies et les mémoires antiques se fondent. L’artiste est un voyageur aux semelles de vent, mais ses plus beaux voyages sont intérieurs.
Il a mis du temps pour le découvrir. Se trouvant à l’étranger pour une expérience artistique qui le mena jusqu’au sommet du Mont Blanc, seul, sans famille, amis, ni repères, il apprit à trouver en lui-même, dans ses souvenirs, ses émotions, ses sentiments, la sérénité et l’harmonie qu’il recherchait. Kaïs Dhifi est un fidèle.
Il y a trois ans, il exposait déjà chez Yosr ben Ammar sa démarche mystique et ses dragons monochromes. Il y revient, peut-être pas « plein d’usage et de raison », mais d’images, de sensations, d’impressions, et d’un irrésistible désir de couleurs.
Technicien habile, curieux et inventif, il adapte et plie à sa pratique les codes industriels, découpant des barils pour obtenir ses lacets de couleurs, les ponctuant de rivets selon un rythme et une logique qui n’appartiennent qu’à lui et qui défient les lois de la pesanteur.
Et il raconte des histoires fantastiques, celle des éclipses, de la lune, du Dieu soleil et des étoiles mystérieuses. Celle des avatars, des animaux hybrides fabuleux. Il y insère des symboles magiques, des signes ésotériques ou cabalistiques, et nous propose un parcours initiatique.
teur, voir où il s’arrête, quel sens il choisit pour sa visite, et s’il découvre le mystérieux passage d’un univers à un autre que lui a conçu, celui où le regard bascule et le monde s’inverse.
Nous ne vous dirons pas lequel. A vous de le trouver.
