gradient blue
gradient blue
A la une Culture

Journées de carthage des arts de la marionnette : Hommage, création contemporaine et réflexion sur l’avenir de la marionnette

  • 27 janvier 18:00
  • 5 min de lecture
Journées de carthage des arts de la marionnette : Hommage, création contemporaine et réflexion sur l’avenir de la marionnette

Cette édition revêt une portée symbolique particulière puisqu’elle coïncide avec le cinquantième anniversaire du Centre national des arts de la marionnette, institution majeure de la création marionnettique en Tunisie.

La Presse — Du 1er au 8 février 2026, on accueillera la 7e édition du Festival international des Journées des arts de la marionnette de Carthage (Jamc), un rendez-vous désormais incontournable pour les professionnels et les passionnés de cet art aux formes multiples. Cette édition revêt une portée symbolique particulière puisqu’elle coïncide avec le cinquantième anniversaire du Centre national des arts de la marionnette, institution majeure de la création marionnettique en Tunisie.

À cette occasion, le comité directeur, présidé par Imed Mediouni, a tenu une conférence de presse hier matin au Théâtre des jeunes créateurs de la Cité de la culture, afin de dévoiler le programme et les grandes lignes de cette nouvelle édition.

Placées sous le signe de la mémoire et du renouveau, les Jamc 2026 portent cette année le nom d’une figure emblématique du Centre national des arts de la marionnette, reconnue pour ses nombreux talents, tant administratifs qu’artistiques : Abdelaziz Mimouni. Le festival rendra également hommage aux figures fondatrices: Monia Zabid Messadi, Habiba Jendoubi et Kacem Ismail Chermiti, tout en affirmant une ouverture résolue vers les écritures contemporaines et les nouvelles générations de créateurs.

La programmation réunira des spectacles tunisiens et internationaux, répartis entre 15 spectacles en plein air (Outdoor), dont 11 proposés par trois compagnies chinoises et 4 par des compagnies venues de Turquie, d’Égypte et d’Italie, et 13 spectacles en salle (Indoor), parmi lesquels 4 productions tunisiennes et d’autres émanant de compagnies d’Italie, de Roumanie, de Pologne, de Libye, de Belgique, de Turquie, des Pays-Bas et d’Espagne.

Destiné aussi bien aux enfants qu’aux adultes, ce programme proposera des formes hybrides mêlant marionnette, théâtre, arts visuels, musique et technologies numériques. À travers cette diversité, les Jamc défendent une vision de la marionnette comme un langage artistique à part entière, capable d’interroger le monde, de transmettre la mémoire et d’aborder les enjeux contemporains.

Cinq autres spectacles seront spécifiquement dédiés à un public adulte : «Toujours en course» (Grèce), «Anywhere» (France), «Transit» (Pays-Bas), «Le Voyage» et «Vis-à-Vis(a)» (Tunisie).

Intitulé «Le Manteau», le spectacle d’ouverture de cette édition est une création tunisienne signée par le Centre national des arts de la marionnette.

La section Amateurs proposera quant à elle trois œuvres : «Voyage de Vini» de Rami Cherni (maison de la culture Bab-Bhar, Sfax), «La force et la sagesse» de Mongi Lamloumi (maison de la culture Hassen-Zgolli, Korba) et «Folla» de Hammoudi Jalel (maison de la culture Bir-Lahmar, Tataouine).

Au-delà des représentations, le festival accordera une place importante à la réflexion et à la formation, à travers 11 ateliers consacrés à différentes techniques de manipulation et de création, ainsi que 5 masterclasses : «Expérience personnelle dans le théâtre d’ombres» –/Hédi Krissaane (Tunisie); «Écriture visuelle et construction dramaturgique dans les spectacles non verbaux “Anywhere”» / Élise Vigneron (France); «La réalité des arts de la marionnette aujourd’hui»/ Dany Le François (Canada); «Les arts de la marionnette en Chine : entre tradition, innovation et diplomatie culturelle» / Tang Dayu (Chine) et «La poétique et l’art du théâtre d’animation» / Dr Decebal Marin (Roumanie)  Deux colloques viendront compléter cette programmation.

Le premier, prévu le 2 février, portera sur le thème : «L’art de la marionnette entre patrimoine immatériel et économie créative», proposant une réflexion sur la place de la marionnette dans les politiques culturelles, sa transmission et son potentiel économique dans le cadre des industries culturelles et créatives.

Le second colloque (3 février), intitulé «Centre et périphérie dans les arts de la marionnette : les marionnettes peuvent elles redessiner la carto graphie culturelle ?», explorera les rapports entre création, territoire et visibilité culturelle, interrogeant la capacité de la marionnette à dépasser les centres institutionnels et à investir les marges.

Ces espaces de dialogue permettront d’examiner les mutations actuelles du secteur, les rapports entre centre et périphérie, ainsi que l’impact des nouvelles technologies et de l’intelligence artificielle sur les pratiques marionnettiques. Plusieurs figures marquantes du champ artistique et académique, venues de Tunisie et de l’étranger, seront présentes lors de cette édition.

Dans le cadre de ces Jamc 2026, le Centre national des arts de la marionnette a également organisé, du 19 au 31 janvier 2026, une résidence artistique intitulée «Les ombres, du réel au fantastique». Mené sous la direction de Hédi Krissaane, metteur en scène, marionnettiste et formateur spécialisé dans le théâtre d’ombres contemporain, ce projet s’est consacré à l’exploration des ombres du quotidien, de leurs formes, de leurs transformations et de leur potentiel dramatique.

L’atelier a proposé une approche à la fois technique et théâtrale de l’écriture avec les ombres, à travers l’étude des relations entre lumière, corps et ombre, ainsi que des bases techniques et langagières du théâtre d’ombres contemporain. D’origine tunisienne et résidant en France, Hédi Krissaane est marionnettiste et metteur en scène. Après des études d’art dramatique à Tunis, il a obtenu un DEA en arts du spectacle en France. Il est également membre fondateur de l’association «Pars Cours de Marionnettes».

 

Auteur

Meysem MARROUKI

You cannot copy content of this page