Pour bien s’habiller, être élégant et ne pas paraître ringard, on est prêt à toutes les dépenses et à tous les crédits pour pouvoir plaire et être présentable au bureau, au lycée, au sein de l’administration, dans la rue, dans les réceptions et autres cérémonies familiales.
La Presse — Et si certains citoyens ont une préférence pour les boutiques de prêt-à-porter et pour les grandes enseignes, d’autres optent pour la friperie dont ils louent la créativité, l’art vestimentaire, le choix des couleurs et le savoir-faire.
Notons qu’il existe dans la plupart des quartiers de Kairouan des boutiques de superfripe convoitées surtout par des personnes aisées et qui ont les moyens de se payer des articles signés à un prix excessif.
Ainsi, à titre d’exemple, dans une boutique située au centre-ville, on trouve des vestes, des pantalons, des manteaux, des blousons en cuir, des chemises, des sous-vêtements de très bonne qualité et même des chaussures.
Abdessalem, le gérant, 57 ans, nous explique qu’il a beaucoup de clients tellement fidèles qu’il les contacte par téléphone à chaque nouvel arrivage. Ainsi, chacun y trouve son compte, surtout pendant la saison hivernale: «Ainsi, depuis les mois de novembre et de décembre, les ventes se sont envolées, notamment en ce qui concerne les manteaux, les chapeaux, les bonnets, les cache-cols, les pulls et les pantalons. Et les citoyens sont de plus en plus avertis, ils regardent les codes à barre, consultent différents sites pour connaître les prix en euros, puis commencent par marchander».
C’est le cas de Kaouther S. et de Salima J., deux jeunes femmes que nous avons trouvées en train de choisir des tenues de soirée sexy, aux tours chauds qui allient charme et simplicité et qui sont ornées de broderie or et argent : «Nous préférons acheter des articles à la mode qui ne déteignent pas et qui ne rétrécissent pas au premier lavage. Cette boutique, c’est notre caverne d’Ali Baba. Evidemment, les prix ont beaucoup augmenté et varient de 70 à 120 D pour une robe, de 45 à 100 D pour un blouson, de 80 à 120 D pour des chaussures.
Mais au moins on est sûres d’être élégantes lors des fêtes familiales en portant des tenues vestimentaires au tissu resplendissant qui émerveille l’assistance. Il nous arrive de dire que nous les avons achetés à Paris ou à Rome…».
Les prix accessibles dans les quartiers populaires…
Par ailleurs, les prix, qui dépendent de la qualité, sont très accessibles auprès des friperies installées dans les différents quartiers populaires, près des administrations, aux alentours des marchés et des souks. Leurs marchandises posées sur des cartons connaissent beaucoup de succès, surtout auprès des Libyens en quête de bonnes affaires…
Salwa Z., 43 ans, mère de trois enfants, nous a confié dans ce contexte : «Bien que ces étalages aient défiguré notre quartier, ils nous rendent un grand service et nous aident à subvenir à nos besoins vestimentaires, été comme hiver.
Ainsi, il m’arrive d’acheter un pull col roulé à 10 D, un pantalon à 3 D, une veste à 4 D, un manteau en cachemire à 10 D et trois paires de chaussettes à 1 D. Alors je ne vois pas pourquoi j’irai chercher ailleurs».
Leïla F., étudiante, est du même avis : «Comme je trouve que la qualité et la variété des articles sont garanties, je ne m’en prive pas. D’ailleurs, il m’arrive de dénicher de belles occasions, des articles signés à des prix imbattables».