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Editorial

Reconfiguration financière

  • 27 janvier 17:00
  • 3 min de lecture
Reconfiguration financière

Les  finances publiques seront mises, tout au long de la prochaine étape, à l’épreuve, surtout que les chantiers programmés, très coûteux, sont incontournables et ne supporteraient aucun report. Il y va de la renaissance de l’économie nationale et de la revalorisation de nos fondamentaux sociaux.

Face à cette situation complexe et contraignante, nos décideurs doivent agir avec prudence en maintenant une discipline budgétaire rigoureuse, capable de consolider les ressources propres de l’Etat en priorisant les programmes retenus, selon leur importance et leur urgence.

Dans ce tableau des priorités, il est indispensable, aujourd’hui, d’en finir avec les dossiers déjà engagés, mais qui continuent à traîner, inutilement, faute de responsabilisation, d’implication et de bonne gestion. C’est le cas du problème des biens confisqués qui, malgré les recommandations fermes de Kaïs Saïed, les multiples retouches juridiques entreprises ou encore la hiérarchisation des procédures, est toujours au point mort.

A en croire certaines statistiques, aucune recette n’a été enregistrée en 2024 et en 2025. Un échec de gestion flagrant.

Pourtant, ces biens, que certaines sources estiment à plus de 20 milliards de dinars, pourraient soulager sensiblement le trésor public, appelé à honorer, tout au long de la prochaine période  des engagements financiers stratégiques, au double niveau local et international.

Le marché parallèle continue de son côté à pénaliser les finances publiques, en les privant de ressources assez conséquentes. Certains chiffres donnent même des frissons, puisqu’ils parlent d’une part du PIB, hors agriculture, d’environ 30%, alors que d’autres vont beaucoup plus loin en retenant une moyenne de 40%. Ce qui est inadmissible pour un pays en pleine phase de reconstitution financière et économique.

D’où le besoin d’une réponse rapide et radicale à cette question. Il ne s’agit, certainement pas, de réprimander le secteur, étant son poids économique, mais de l’organiser, de garantir sa transparence, d’améliorer le niveau de traçabilité et de canaliser certaines activités dans des espaces bien maîtrisés, pour les intégrer, progressivement, dans le formel.

Cela suppose, toutefois, l’adoption d’une approche multidimensionnelle favorisant la digitalisation des circuits de distribution et l’élargissement du volume technologique, notamment au niveau des systèmes de contrôle et de sécurisation.

Cela suppose, également, la diversification des incitations financières pour réduire le niveau de dépendance aux produits de contrebande et valoriser, ainsi, l’offre locale. C’est seulement à ce moment-là qu’on pourrait prétendre à une transition graduelle, fiable et structurée.

En somme, on peut affirmer que ces deux dossiers, une fois bien conduits, ne manqueront pas d’alléger, même proportionnellement, le stress qui pèse toujours lourdement sur nos finances publiques.

N’oublions pas qu’en 2025, après le bon comportement des neuf premiers mois, l’économie nationale a clôturé  le dernier trimestre dans les difficultés, avec surtout une croissance moins soutenue, un déficit commercial qui s’est creusé, et un assèchement des liquidités, en raison notamment de la nouvelle loi sur les chèques.

Auteur

Anis SOUADI

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