«Résonances archaïques», exposition collective à la galerie « La La Lande » : L’archaïsme revisité
Pendant plus d’un mois, la galerie «La La Lande» à Paris a offert à ses visiteurs une parenthèse dans un espace-temps. Tout au long de la visite, ils peuvent écumer des œuvres artistiques aux résonances multiples. L’exposition collective «Résonances archaïques» a oscillé entre ancienneté et contemporanéité en faisant de son élasticité temporelle sa force.
La Presse — S’imprégner de ses résonances dites « archaïques», c’est forcément répondre aux vibrations émanant de «la rue Qincampoix» à Paris. A «La La Lande », plus concrètement, les œuvres de 9 artistes ont brillé, pendant presque 2 mois. L’exposition collective allie création artistique, histoire et civilisations, principalement celles qui ont fait et défait l’histoire du pourtour méditerranéen… et une énième fictive, imaginée par Aicha Snoussi.
Son nom est «Atlâls». La création renvoie à une archéologie imaginaire truffée de messages codés, souvent indéchiffrables. Il s’agit d’expressions qui surgissent sur une tunique aux références mythologiques imaginées. Younès Ben Slimane a travaillé sur les traces du passé, les objets, qui deviennent reliques anciennes, et qui, avec l‘usure du temps, changent parfois d’usage. Son œuvre, projetée sur écran, fait résonner un silence expressif. Kais Dhifi rassemble archéologie, éléments historiques et fantastiques, qui donnent naissance à une création mi–ancestrale, mi–futuriste. Lulwah Al–Homoud invente de nouvelles écritures faites de chiffres et de lettres imaginées, puisées dans l’alphabet arabe, et affiche une œuvre complexe empreinte de mysticisme. Plus de 909 heures ont suffi à Mattéo Mandelli de créer ses tapisseries tissées avec des techniques traditionnelles connues, mais mélangées à des fils électriques et des objets numériques extraits de l’ère informatique. Chemsedine Herriche mêle maîtrises picturales ancestrales et technologies.
Son travail est la résultante de visions qui nous renvoient à des paysages inventés, ou réels, berceaux de nombreux récits anciens. Maxime Passadore affiche ses photographies en Print, étalées sur du marbre et en couleur grâce à la technique de l’acrylique. L’artiste fait défiler à travers ses photos des sculptures antiques. Ladina Durisch superpose des ombres sur des sculptures, en usant de plusieurs architectures et de paysages. Elle manie l’éphémère et le contemporain à travers sa pièce. Solène Ortoli projette des ombres sur de la poterie antique et donne vie à une œuvre archéologique, un bain ancien.
Les mythes de jadis et les symboles aux airs de hiéroglyphes construisent toute une narration autour de l’exposition. L’histoire en héritage perpétuée au fil des siècles et la mémoire longtemps enfouie et déterrée ont été revisitées dans un élan collectif d’artistes désireux de mettre en lumière leurs créations, tout en puisant dans l’ancien et l’archaïque. Les œuvres restent contemporaines et se laissent revisiter différemment en puisant dans un passé civilisationnel infiniment riche et multiple, d’où ces nombreuses résonances.