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Editorial

Et qu’en est-il de Gaza ?

  • 28 janvier 17:00
  • 3 min de lecture
Et qu’en est-il de Gaza ?

La présence du président Trump au Forum économique de Davos a fait couler beaucoup d’encre et a attiré tous les regards des médias. Les décisions du président américain sur les sujets brûlants de l’actualité étaient attendues, analysées, débattues.

Parmi les sujets chauds, se trouve la proposition de la signature de la charte du Conseil de la paix pour Gaza.

Trump a invité lundi une soixantaine de pays et organisations à rejoindre ce Conseil de la paix qu’on présente comme le nouveau mécanisme chargé de superviser le plan de paix dans la bande de Gaza et, potentiellement, d’autres conflits internationaux.

Jeudi 23 janvier, le rideau est levé sur ce fameux conseil, une cérémonie s’est tenue, en marge de cette 56e réunion du Forum économique mondial, pendant laquelle 35 pays parmi la soixantaine sollicités ont signé la charte initialement conçue pour superviser le processus de paix à Gaza.

Selon la résolution du Conseil de sécurité du 17 novembre, cette structure avait pour seule mission la gestion du cessez-le-feu, la reconstruction du territoire palestinien et la facilitation des négociations entre les Palestiniens et les forces occupantes, mais la charte proposée à Davos a l’intention (et la prétention) d’étendre son action à d’autres régions sous l’égide des Etat-Unis et sous la présidence de Trump.

Cette structure politique, impulsée par la Maison-Blanche, supplanterait-elle à terme l’ONU ou, tout au moins, lui ferait-elle concurrence ? Par cette proposition, les Etats-Unis ne font que renforcer l’idée qu’ils rejettent l’ordre mondial qui comprend notamment le droit international, le multilatéralisme et la coopération entre les nations.

En rejetant toutes ces structures, Trump dit et proclame que l’ONU ne sert à rien, puisqu’elle ne fait plus rien pour la paix.

Et que reste-t-il de Gaza ? En réalité, le territoire et sa population sont les grands absents dans ce conseil. Le droit des Palestiniens à disposer d’eux-mêmes est complètement bafoué, ignoré, les Gazaouis subissent les pires horreurs de leur vie tous les jours, depuis plus de deux ans, le nombre de morts civils a atteint des proportions épouvantables (plus de 71.000 victimes), sans compter les milliers de blessés  et d’ensevelis sous les décombres.

A la lumière des objectifs avoués, ce Conseil donnerait le sentiment d’avoir été conçu par des promoteurs immobiliers peu au fait de l’histoire du conflit et des réalités vécues par les populations concernées. Ils sont avant tout des hommes d’affaires qui transposent leur fantasme sur ce territoire où ils projettent de construire des complexes de luxe et touristiques : c’est en fait, le retour à l’idée de la Riviera chère à Trump.

Auteur

Hamma Hannachi

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