À l’heure où l’intelligence artificielle s’impose comme un facteur clé de transformation des modèles économiques, le secteur bancaire n’échappe pas à cette dynamique. Lors d’une conférence organisée par « Amen Bank », experts et professionnels ont débattu des usages concrets de l’IA et de son potentiel pour renforcer la performance, la qualité du service bancaire et l’accompagnement des entreprises tunisiennes dans un environnement économique en pleine mutation.
La Presse — Le rôle de l’intelligence artificielle (IA) dans le développement économique et l’amélioration du service bancaire et financier a été au centre d’une conférence organisée récemment par « Amen Bank », réunissant un panel d’experts en la matière.
Cette rencontre visait à mettre en lumière les usages concrets de l’intelligence artificielle ainsi que les opportunités stratégiques qu’elle offre aujourd’hui aux entreprises tunisiennes.
À travers des interventions d’experts et des retours d’expérience, l’événement ambitionnait d’illustrer « comment l’IA peut constituer un levier de performance, de compétitivité, de création de valeur et d’innovation, au service du développement économique et financier ».
D’une banque de financement à une banque de conseil
Intervenant à l’ouverture de la conférence, le président du directoire d’Amen Bank, Néji Ghandri, a rappelé que le rôle des banques a considérablement évolué au cours des dernières années, ne se limitant plus au financement de leur clientèle, mais se positionnant davantage comme des conseillers accompagnant cette dernière.
« Le rôle de la banque change et évolue. Elle ne finance plus uniquement, elle accompagne et encadre… Aujourd’hui, les banques tunisiennes, comme partout dans le monde, ont pris une nouvelle orientation, celle du conseil client », a déclaré le responsable.
« C’est justement dans cette optique que l’Amen Bank a organisé cet événement dédié à l’IA », a-t-il ajouté, rappelant que « des thématiques telles que la transition énergétique avaient déjà fait l’objet de rencontres similaires, le but étant d’accompagner les entreprises et de les orienter dans le nouveau contexte économique ».
Néji Ghandri a, en outre, précisé que la conférence visait à identifier, sur la base de cas concrets, les avantages de l’IA, mais aussi les contraintes qu’elle peut véhiculer, tout en essayant de dépasser ces obstacles à travers des expériences comparées.
Le président du directoire de l’Amen Bank a, par ailleurs, souligné qu’aujourd’hui l’IA est sortie des laboratoires et des chambres-test pour devenir une réalité qu’il n’est plus possible d’ignorer ou de contourner. « Aujourd’hui, on ne se demande plus ce qu’est l’IA, mais plutôt en quoi elle peut me servir et comment je dois m’en servir », a-t-il précisé.
Revenant sur le rôle de l’IA dans le développement du secteur bancaire, il a expliqué que cette technologie permet d’améliorer les méthodes de travail et de garantir la justesse des décisions. Néji Ghandri a ensuite présenté l’expérience de l’« Amen Bank en la matière, notamment le projet de Chatbot.
« L’Intelligence artificielle ne doit pas être une boîte noire, elle doit être auditable, ce qui permet au régulateur d’exercer son contrôle par la suite », a-t-il souligné.
« À notre niveau, nous avons beaucoup travaillé sur les données, leur qualité et leur gouvernance. Ensuite, nous avons travaillé sur le scoring des crédits ainsi que sur la réduction des délais d’octroi », a précisé le président de la banque.
Des usages concrets et une IA maîtrisée
Également présente à la conférence, la consultante senior en IA et IA générative et co-présidente du groupe d’experts IA de l’Ocde, Nozha Boujemaa, a souligné l’importance de l’IA générative, notamment dans le domaine économique et commercial. L’IA générative représente une rupture dans le business et le e-commerce, a-t-elle noté, expliquant que celle-ci permet d’obtenir des informations plus larges et plus précises sur le consommateur sans recourir au profiling classique.
« Aujourd’hui, nous avons recours à l’hyper-contextualisation, qui ne peut se faire qu’à travers l’IA générative. On ne parle plus de produit, mais d’expérience client », a ajouté l’experte, appelant les entreprises qui n’ont pas encore engagé leur transformation à passer directement à l’IA générative, une option qui leur permettra de gagner à la fois du temps et de l’argent.
Nozha Boujemaa a enfin souligné l’importance d’asseoir un partenariat public-privé pour optimiser le recours à l’Intelligence artificielle.
Seul ce partenariat peut, en effet, offrir les infrastructures nécessaires et établir un lien durable entre l’entreprise et les laboratoires de recherche.