Le 26 janvier 1926, dans un atelier lugubre du 22 Frith Street, au cœur du quartier animé de Soho à Londres, l’ingénieur britannique d’origine écossaise John Logie Baird —inventeur tenace, marginalisé et souvent sous-financé — avait réalisé une prouesse technique, pour ne pas dire une révolution technologique, qui allait changer à jamais les sociétés et marquer à travers son tube cathodique les débuts d’une ère nouvelle dans l’industrie de l’information et du divertissement avec un impact majeur et direct sur les communications humaines.
La Presse — À moins de vingt jours du Ramadan, mois de piété, de tables garnies et surtout de rassemblement devant la télé pour savourer les productions TV produites spécialement pour ce rendez-vous annuel, le téléviseur vient de célébrer son centième anniversaire quasiment dans l’indifférence totale du paysage audiovisuel et des usagers des réseaux sociaux.
En effet, le 26 janvier 1926, dans un atelier lugubre du 22 Frith Street, au cœur du quartier animé de Soho à Londres, l’ingénieur britannique d’origine écossaise John Logie Baird — inventeur tenace, marginalisé et souvent sous-financé — avait réalisé une prouesse technique, pour ne pas dire une révolution technologique qui allait changer à jamais les sociétés et marquer à travers son tube cathodique les débuts d’une ère nouvelle dans l’industrie de l’information et du divertissement avec un impact majeur et direct sur les communications humaines.
Devant un parterre d’une quarantaine d’éminents scientifiques et membres de la prestigieuse « Royal Institution » ainsi qu’un journaliste du Times, J.L. Baird a dévoilé ce jour-là un dispositif rudimentaire capable de transmettre des images, en noir et blanc, en mouvement, et vacillantes, d’un visage humain sur une courte distance et présentant une définition imparfaite de trente lignes et un taux de rafraîchissement de 12,5 images par seconde.
Accompagnée d’un bruit assourdissant, cette démonstration avait affiché, certes, une image instable et peu nette, mais fut un grand moment de l’histoire, où on prouvait montrer preuve à l’appui la possibilité de donner vie à une technologie permettant de voir des événements distants et surtout des informations en temps réel, ouvrant grandes les portes à ce qui deviendrait la télévision moderne.
Dans le contexte du « Roaring Twenties » (les Années folles, en français), période de croissance et d’insouciance de l’Amérique et de convalescence en Europe après les affres de la Grande Guerre (premier conflit mondial du 28 juillet 1914 au 11 novembre 1918), cette nouvelle invention venait concurrencer l’hégémonie de la radio et titiller les promesses des autres avancées en électronique des années 1920.
Présentée comme un nouveau gadget électronique scientifique, voire dans la peau d’une curiosité scientifique, cette nouvelle technologie inventée par Baird est devenue au fil des ans le symbole d’une transformation des us et coutumes d’une société de consommation de plus en plus façonnée par l’image, où l’information audiovisuelle a fini par captiver l’attention des individus, divertir le quotidien des foyers ordinaires et informer à grande échelle, voire endoctriner les masses.
Avec son système rudimentaire de diffusion d’images imparfaites et granulées, Baird a ainsi jeté les jalons d’une industrie et d’un business qui, dans les décennies suivantes, ont non seulement changé à jamais le comportement de l’humanité, mais aussi laissé place à une génération télé tout en influençant le paysage du divertissement, la culture mondiale, le comportement des institutions et façonner le discours politique.
Cent ans après, le téléviseur continue de faire de la résistance face à l’essor de l’internet, l’émergence des réseaux socionumériques et la multiplication des écrans (smartphones, tablettes, PC portables, etc.), mais jusqu’à quand… ?
D’ailleurs, on ne parle plus de postes de TV alimentés de récepteurs analogiques, mais plutôt de smart-TV qui s’abreuvent de technologie numérique, laissant carrément place à l’lP-TV sous le règne de l’Internet à haut débit et sans fil, la fameuse 5G !
Or, avec la révolution digitale et la multiplication des plateformes de streaming et la domination des géants de la vidéo à la demande par abonnement (Netflix, Amazon Prime, Apple TV, etc.), on se demande si nous vivons aujourd’hui les derniers jours du poste de télé comme on l’a connu. Le téléviseur finira-t-il par disparaître comme ce fut le cas pour notre poste TV de la marque Carthage, fleuron de l’industrie électronique tunisienne des années 1960 et 1970 ? Les nostalgiques du bon vieux temps et leurs idées utopiques ne peuvent résister aux vents du changement numérique et de l’évolution galopante du digital.