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Economie

Transformer la dette en investissement productif : l’analyse de Ridha Chkandali

  • 29 janvier 09:10
  • 3 min de lecture
Transformer la dette en investissement productif : l’analyse de Ridha Chkandali

Le professeur universitaire et expert économique Ridha Chkandali a affirmé, hier mercredi 28 janvier 2026, que la proposition de conversion d’une partie de la dette extérieure tunisienne en investissements de développement n’est pas une idée nouvelle au niveau international, et que plusieurs pays l’ont adoptée avec des taux de réussite et d’échec variables.

Chkandali a précisé lors de son passage sur les ondes d’Express FM que ce mécanisme repose sur l’annulation d’une partie de la dette extérieure en contrepartie d’un investissement direct dans le pays, que ce soit par le financement de projets de développement, la participation dans des entreprises publiques ou le développement de secteurs vitaux tels que l’agriculture, l’énergie et les infrastructures, transformant ainsi la dette d’un fardeau financier en un actif d’investissement productif.

Le professeur d’économie a souligné que cette opération présente des avantages évidents, notamment l’allègement de la pression sur les réserves de devises, l’attraction de nouveaux investissements, le soutien à la croissance économique, la création d’opportunités d’emploi, le transfert de technologie et d’expertise si les investissements sont orientés vers des secteurs véritablement productifs. Il a toutefois confirmé l’existence de risques réels, dont le plus important est la cession d’actifs stratégiques ou la perte d’une partie du contrôle sur la décision économique nationale, si les dettes sont converties en échange de parts dans des entreprises publiques sensibles ou dans des secteurs souverains.

Chkandali a ajouté que cette opération devient dangereuse si elle est utilisée uniquement pour combler des déficits financiers à court terme, ou si elle est effectuée sous pression financière sans négociation équilibrée avec les pays créanciers, ce qui pourrait transformer la dette en influence économique permanente au lieu d’être un outil de développement. Il a indiqué que les expériences des pays dans ce domaine ont donné des résultats variables : des pays comme le Maroc et l’Égypte ont relativement réussi grâce à ce mécanisme, tandis que les expériences d’autres pays comme le Liban et la Jordanie ont échoué.

Le professeur d’économie Ridha Chkandali a mis en garde contre les risques de conversion de dettes en échange de privatisation ou de gestion d’entreprises publiques stratégiques, considérant cela comme une menace directe à la souveraineté économique.

Chkandali a lié le succès de cette orientation à la précision dans la définition des objectifs nationaux, au choix des pays et des parties appropriés pour la négociation, et à l’orientation des investissements vers des secteurs à forte valeur ajoutée et fort potentiel d’emploi. Il a affirmé que l’expérience antérieure dans les négociations avec le Fonds monétaire international a montré que se concentrer sur l’obtention de fonds sans tenir compte des politiques économiques appropriées peut conduire à des résultats négatifs sur l’économie nationale.

L’invité du programme Ecomag a conclu en déclarant que la conversion des dettes en investissements peut constituer une véritable opportunité pour la Tunisie si elle est réalisée selon une vision claire et transparente, qui prend en compte l’intérêt national, protège les actifs souverains et oriente les investissements vers les secteurs productifs ayant un impact direct sur la croissance et l’emploi.

Auteur

S. M.

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