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Economie

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  • 30 janvier 18:15
  • 4 min de lecture
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Flux financiers Chine-Afrique
Quand la dette dépasse les nouveaux prêts

La Presse —Le rapport inaugural de «ONE Data» révèle un basculement sans précédent des flux financiers entre la Chine et l’Afrique. Entre 2015 et 2019, le continent recevait un afflux net de 30 milliards de dollars.

Entre 2020 et 2024, cette situation s’est inversée : les sorties nettes vers Pékin ont atteint 22 milliards de dollars. 

«Le fait qu’il y ait moins de prêts entrants, alors que les emprunts précédents doivent toujours être remboursés, est la source de ces sorties de capitaux», explique David McNair, directeur exécutif de «ONE Data ». 

Cette évolution s’accompagne d’une montée en puissance des institutions multilatérales, dont les financements nets ont augmenté de 124 % sur la dernière décennie, représentant désormais 56 % des flux nets, soit 379 milliards de dollars entre 2020 et 2024.

Malgré ce retournement, les échanges commerciaux continuent de progresser : la valeur des échanges entre la Chine et l’Afrique a atteint 222 milliards de dollars sur les huit premiers mois de 2025, en hausse de 15,4 % par rapport à 2024, portée par les exportations chinoises vers le continent.

Toutefois, le déficit commercial africain à l’égard de Pékin s’est creusé, passant de 47 à 63 milliards de dollars entre 2022 et 2023, l’Afrique exportant principalement des matières premières, la Chine des produits manufacturés à forte valeur ajoutée.

Les investissements chinois restent robustes. En 2025, ils atteignent 39 milliards de dollars, dont plus de la moitié concentrée au Nigeria.

Les projets réalisés dans le cadre des Nouvelles routes de la soie ont représenté 29,2 milliards de dollars en 2024, soit+34 % par rapport à 2023.

Enfin, l’architecture des paiements se transforme avec le système Cips, auquel «Afreximbank» et «Standard Bank» ont adhéré. Selon «ONE Data», malgré certaines annulations de prêts intergouvernementaux, la situation demeure «un net négatif» pour les pays africains, confrontés à des contraintes de financement pour leurs services publics et leurs investissements.

Minerais critiques
Sommet US-Afrique le 4 février

Le 4 février, les Etats-Unis tiendront un sommet ministériel sur les minerais critiques avec plusieurs pays africains, dont la République démocratique du Congo, le Kenya et la Guinée.

Cette rencontre a pour objectif de renforcer la coopération autour de ressources jugées stratégiques pour les industries de haute technologie et les économies avancées.

Selon des analystes, cette démarche pourrait également contribuer à réduire la dépendance américaine à la Chine tout en consolidant ses chaînes d’approvisionnement nationales.

Ces ressources sont essentielles à la fabrication de technologies de pointe, ce qui explique aussi l’intérêt pour d’autres régions riches en minerais, comme le Groenland.

Le département d’Etat a annoncé sur sa page X que Marco Rubio accueillerait des «partenaires internationaux» pour cette réunion.

Il a souligné que «le renforcement des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques avec nos partenaires internationaux est vital pour la sécurité économique et technologique des Etats-Unis».

La participation de plusieurs pays africains, principaux producteurs de minerais critiques, confirme l’attention portée par Washington à ces flux stratégiques. Le sujet avait déjà été abordé lors du G7 du 13 janvier et par le chef du département Afrique lors de l’investiture du président Mamadi Doumbouya en Guinée le 17 janvier.

Si cette initiative est saluée par certains experts, elle pourrait avoir des implications environnementales et économiques pour les pays africains.

Les retombées sur l’emploi local, la sécurité des populations et la gestion des ressources naturelles restent incertaines, selon ces mêmes observateurs.

Ce sommet illustre la volonté américaine de sécuriser ses chaînes d’approvisionnement dans un secteur stratégique, tout en maintenant une influence diplomatique et économique sur des marchés clés, dans un contexte où la Chine demeure un acteur incontournable des minerais critiques.

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Auteur

Saoussen BOULEKBACHE

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