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Patrimoine archéologique : Les révélations de la mer

  • 30 janvier 19:30
  • 4 min de lecture
Patrimoine archéologique : Les révélations de la mer

Pas d’opérations de fouilles d’archéologues, la mer a fait le travail en dévoilant des vestiges archéologiques remontant à l’époque romaine ou punique, cela reste à déterminer par les experts de l’Institut national du patrimoine (INP).

En effet, les récentes pluies diluviennes ont certes endommagé des unités touristiques et des villas en bord de mer mais ont eu un impact favorable sur la découverte de vestiges archéologiques dont regorge la Tunisie.

Mais ces découvertes inattendues sont exposées aux pillages et à la dégradation si elles ne sont pas prises en charge à temps. Il y a donc urgence à évaluer ce patrimoine et assurer sa protection.

La Presse — La séquence est exceptionnelle. La forte tempête Harry, qui s’est abattue sur les régions situées sur le littoral tunisien, en ce mois de janvier, a permis de mettre au jour ce qui pourrait être des citernes, des thermes et d’éventuels bassins de salaison (Garum), mosaïques jusque-là enfouies sous le sable dans les régions de Nabeul (Sidi Mahrsi, Néapolis, Kerkouane), Sousse, notamment à Hergla sur la plage d’El Kortine, où ont été découvertes des structures correspondant à des entrepôts qui auraient été utilisés pour le stockage de provisions et de marchandises à l’époque romaine et Mahdia (Borj Erras et Salakta), Bizerte et Sfax divulguant l’ampleur des richesses d’un patrimoine archéologique jusque-là ignorées.

Pour parer à toutes les éventualités d’usurpation et de vol sur les sites, un communiqué de presse du ministère des Affaires culturelles informe qu’une équipe scientifique s’est rendue sur le site de Néapolis pour effectuer des constats de terrain, documenter les vestiges et évaluer l’état général des lieux.

«Ces interventions nécessitent prudence et rigueur en raison de la persistance des conditions climatiques exceptionnelles et du fort mouvement des vagues qui compliquent les observations et imposent de renouveler les constats lorsque les conditions seront plus stables», observe Ahmed Gadhoum, directeur du département d’archéologie sous-marine au ministère des Affaires culturelles dans une intervention sur Express FM, soulignant, par ailleurs, que « les mécanismes de protection des sites archéologiques en bord de mer demeurent vulnérables en raison de leur exposition directe à l’érosion marine».

Les agents de l’INP sont donc aux aguets pour sécuriser les sites, et ce, en coordination avec la Garde nationale, de toute tentative d’intrusion sur les vestiges archéologiques. Dans une autre déclaration à la radio Diwan FM, le directeur du Département de l’archéologie à la faculté des Lettres et des Sciences humaines de Kairouan, le chercheur et archéologue Riadh Mrabet a, en outre, indiqué qu’une équipe relevant de l’inspection régionale du patrimoine du Sahel a été dépêchée sur les lieux depuis le 20 janvier courant pour inspecter plusieurs sites archéologiques notamment à Borj Erras et Salakta relevant du gouvernorat de Mahdia ayant pour objectif d’évaluer le patrimoine en question et prendre les mesures et les dispositions nécessaires de le sauvegarder.

Les pluies abondantes sont susceptibles de fragiliser, voire détruire les structures anciennes et précipitent l’érosion des sols provoquant parfois des effondrements partiels. Pour éviter les pillages et les fouilles clandestines, les spécialistes interviennent actuellement sur les terrains pour évaluer les dégâts causés par les dernières intempéries.

Un état des lieux et un bilan approfondi de ces sites affectés sont engagés pour limiter les pertes. De manière générale, le patrimoine archéologique, qui représente, selon Ahmed Gadhoum, «l’ADN des Tunisiens», nécessite une approche globale à la fois climatique, scientifique et sécuritaire dans le but de le sauvegarder de manière durable.

Auteur

Neila GHARBI

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