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Société

Sened : L’éclat d’une cité qui défie le manque de moyens

  • 30 janvier 18:30
  • 4 min de lecture
Sened : L’éclat d’une cité qui défie le manque de moyens

À Sened, la propreté ne se décrète pas, elle se vit. Loin des budgets pharaoniques et des parcs de camions rutilants, cette commune vient de décrocher le titre de « Ville la plus propre » grâce à une recette devenue rare : un dévouement total et une solidarité sans faille.

Ici, chaque ruelle balayée et chaque façade entretenue racontent l’histoire d’une population qui a décidé que la dignité de son cadre de vie valait tous les sacrifices.

Entre héritage historique et civisme exemplaire, Sened prouve au reste du pays que l’excellence est moins une question de moyens que de volonté.

La Presse — À Sened, nul besoin de grands discours pour comprendre que vous êtes dans une ville à part. Il suffit de s’aventurer dans ses rues, d’observer ses détails silencieux et de se laisser porter par la propreté des lieux. Ici, la netteté des pavés raconte l’histoire d’une cité qui a cru en elle-même, faisant de la simplicité une signature et de l’appartenance un honneur.

 Le prix de la « Municipalité la plus propre » nous convie pour une immersion dans une âme collective rare, une clé pour comprendre comment ce rêve est devenu une réalité quotidienne.

L’exploit du peu : le triomphe de la volonté

À Sened, la propreté n’est pas qu’une affaire de camions et de bennes. Elle commence par une mentalité qui refuse la médiocrité, quelles que soient les contraintes. Un chiffre donne le vertige : quatre ouvriers seulement assurent chaque jour la collecte de 247 conteneurs de déchets. Un travail titanesque, souvent invisible, mais qui fait toute la différence.

Au total, l’effectif municipal — administratifs et ouvriers compris — ne dépasse pas 43 personnes. Pourtant, le système fonctionne avec une harmonie exemplaire. Si le manque de moyens est une réalité, il n’est jamais utilisé comme une excuse. Au contraire, il agit comme un catalyseur. Loin du bruit et des slogans, l’administration et les agents avancent d’un même pas, prouvant que la qualité d’un service ne se mesure pas au volume des ressources, mais à la sincérité de l’engagement.

Un pacte entre le citoyen et son histoire

La dimension sociale est le second pilier de ce succès. Le citoyen de Sened est un partenaire actif : la culture de la propreté n’y est pas imposée par décret, elle est ancrée dans les mœurs. Ce respect de l’espace public s’est intensifié depuis que Sened a été classée commune touristique en 2021.

Riche de son héritage historique profond, gravé dans la mémoire des anciens et les récits transmis, la ville travaille à retrouver sa place légitime sur l’échiquier touristique national. Sened affirme une identité unique, une beauté qui ne s’impose pas par la force, mais qui se construit jour après jour par la main de ses enfants.

Un appel au soutien : pérenniser l’excellence

Cependant, ce succès ne doit pas être une finalité. Un prix, aussi prestigieux soit-il, ne suffit pas à maintenir la cadence. Pour que cet élan ne s’essouffle pas et que l’obstination des agents ne devienne pas un fardeau, un soutien matériel et logistique de la part de l’État est désormais impératif. Les modèles de réussite ne doivent pas être simplement applaudis ; ils doivent être protégés et renforcés pour être généralisés.

En somme, l’expérience de Sened démontre que la propreté n’est pas qu’un service urbain, c’est un levier touristique majeur. Une ville propre inspire la confiance et simplifie le message aux visiteurs. Sened est belle par ses actes, exemplaire par son défi. C’est une cité qui a choisi d’écrire son nom non pas avec des mots, mais par la force de ses réalisations.

Auteur

Hafedh Trabelsi

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