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Trois questions à Mme Eléonore Caroit, Ministre déléguée auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de la France : « En Tunisie, la France mise sur un partenariat durable pour la jeunesse des deux rives »

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  • 30 janvier 11:25
  • 5 min de lecture
Trois questions à Mme Eléonore Caroit, Ministre déléguée auprès  du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de la France : « En Tunisie, la France mise sur un partenariat durable pour la jeunesse des deux rives »

À l’occasion de son premier voyage officiel en Afrique du Nord, Mme Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Francais à l’étranger, revient sur la coopération entre la France et la Tunisie.

Elle présente dans cet entretien les initiatives concrètes qui renforcent les liens économiques, culturels et sociaux et soutiennent les priorités nationales de développement en Tunisie.

La Presse — Vous effectuez à Tunis votre premier déplacement officiel en Afrique du Nord. Pourquoi avoir choisi la Tunisie ?

La Tunisie incarne à de nombreux égards la profondeur et la singularité du lien qui unit la France à la rive sud de la Méditerranée. Moins de 450 kilomètres séparent nos côtes, mais surtout des millions de femmes et d’hommes font vivre chaque jour cette relation, par la culture, l’économie, l’éducation ou les échanges humains.

La Tunisie est un grand pays de la Francophonie, un acteur central du monde arabe et un partenaire stratégique pour la France. Le succès du Sommet de la Francophonie de Djerba a montré combien ce pays comptait dans la dynamique francophone contemporaine, dont la France assure la présidence jusqu’en novembre 2026.

C’est aussi une relation profondément vivante : plus d’un million de touristes français visitent la Tunisie chaque année, près de 30.000 Français y vivent, tandis que la diaspora tunisienne en France — forte de plus d’un million de personnes — contribue de manière décisive à différents pans de notre société.

Nous aurons l’occasion de célébrer le rôle positif de cette diaspora tant lors du Sommet Afrique/France de Nairobi des 11-12 mai 2026 qu’au cours de la «saison culturelle Méditerranée» de mars à octobre 2026

En me rendant ici, je voulais d’abord passer un message simple : la Tunisie compte pour la France. Et je voulais le dire par des actes sur le terrain, en rencontrant celles et ceux qui font vivre ce partenariat au quotidien.

La coopération entre la France et la Tunisie est ancienne. Comment s’inscrit-elle dans les priorités de développement tunisiennes ?

Notre coopération avec la Tunisie est une coopération de long terme, fondée sur le respect. Depuis plus de trente ans, l’Agence française de développement investit une part importante de son portefeuille en Tunisie. Ce n’est pas une aide conjoncturelle : c’est un choix stratégique durable.

Ce que je constate sur le terrain, que ce soit sur des projets d’eau et d’assainissement, des projets d’infrastructures ou d’appui aux femmes entrepreneures, c’est que ces projets sont mutuellement bénéfiques ; ils répondent aux besoins des populations tout en appuyant aussi les intérêts français.

Ce partenariat mutuellement bénéfique se traduit également par des échanges croisés particulièrement dynamiques. Non seulement la France reste de loin le 1er pays investisseur, le 1er partenaire commercial de la Tunisie, et le 1er pays pourvoyeur de devises via les remises de la diaspora et les recettes touristiques, mais tous ces flux se sont accrus en 2025, générant plus de 2.900 emplois nouveaux en Tunisie. Peu de gens le savent, mais la Tunisie est aujourd’hui le premier investisseur africain en France.

Notre ligne est claire : nous construisons des partenariats, dans le respect de la souveraineté tunisienne, autour de priorités partagées – la santé, l’éducation, la formation professionnelle, mais aussi une vision responsable de l’intelligence artificielle, pensée au service de l’humain.

Concrètement, qu’est-ce que ce partenariat change pour les Tunisiens, et en particulier pour les jeunes ?

Il change beaucoup de choses, très concrètement. Aujourd’hui, près de 6 millions de Tunisiens bénéficient de projets soutenus par l’Agence française de développement pour l’accès à l’eau et à l’assainissement.

Un million de Tunisois utilisent chaque jour des transports publics que nous avons soutenus avec l’appui de nos entreprises.

La France soutient également la construction de deux hôpitaux publics à Gafsa et à Sidi Bouzid. C’est un signal fort : investir dans la santé, c’est investir dans la dignité et l’avenir.

La jeunesse est au cœur de notre action. Par l’intermédiaire d’Expertise France, nous avons appuyé l’an dernier plus de 3.200 entrepreneurs et soutenu la réinsertion professionnelle de près de 1.800 personnes. Ce sont des parcours, des projets de vie, des perspectives retrouvées, qui nourrissent notre partenariat.

Enfin, plus de 15.000 étudiants tunisiens poursuivent aujourd’hui leurs études en France. Ils savent qu’ils peuvent compter sur l’accompagnement de Campus France et sur une coopération universitaire d’excellence.

Ce partenariat est vécu, utile et tourné vers l’avenir. Il vise une chose essentielle : renforcer les liens entre nos deux pays au service de résultats concrets, mutuellement bénéfiques.

 

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Auteur

Salem Trabelsi

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