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Assurance vie : Financer l’avenir et sécuriser la retraite des Tunisiens

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  • 31 janvier 17:30
  • 5 min de lecture
Assurance vie : Financer l’avenir et sécuriser la retraite des Tunisiens

À l’occasion de son 40e anniversaire, Hayett Assurances, filiale de la Comar, a organisé ce jeudi à Tunis une conférence pour mettre en lumière le rôle stratégique de l’assurance vie en Tunisie.

L’événement a réuni d’éminents experts qui ont insisté sur le potentiel économique de ce secteur, sa contribution à l’épargne et à la stabilité financière, ainsi que sur son importance sociale pour protéger les familles et préparer une retraite digne.

La Presse — Dans son allocution inaugurale, le Directeur général de Hayett Assurances, Lotfi Ben Haj Kacem, a rappelé que cet anniversaire marque également l’ouverture d’une nouvelle phase de développement pour l’entreprise, symbolisée par une identité visuelle modernisée, reflet de son dynamisme et de son ouverture sur l’avenir, tout en restant fidèle à sa mission de protection et d’accompagnement des assurés.

L’assurance-vie au cœur du financement de l’économie réelle

Le potentiel de l’assurance-vie en Tunisie reste largement sous-exploité, selon Ahmed El Karam, expert en économie. Son poids étant faible comparé à celui des pays voisins. Malgré cela, le secteur connaît depuis 2024 un regain notable, avec des taux de croissance avoisinant 20 %. Cette dynamique s’explique par une perception accrue des risques et des interrogations sur la pérennité des régimes publics de retraite, renforçant l’intérêt pour les solutions d’épargne et de prévoyance.

L’assurance-vie joue également un rôle clé dans le financement de l’économie, la stabilité financière et le soutien des banques et de l’État, notamment dans un contexte d’assèchement du marché obligataire. Selon ses estimations, l’encours de l’assurance-vie atteint près de 10 milliards de dinars, dont 2 milliards mobilisés par l’État. Une progression de 30 % à 40 % dans le secteur pourrait porter cet encours à environ 25 milliards de dinars dans les prochaines années.

Ahmed El Karam a enfin insisté sur la nécessité d’une collaboration renforcée entre banques et compagnies d’assurances, ainsi que sur le rôle des nouvelles technologies, notamment de l’intelligence artificielle, pour améliorer l’expérience client et soutenir durablement la croissance du secteur.

Pour sa part, Habib Karaouli, Président-Directeur général de Capital African Partners Bank – CAP Bank, a pointé le retard de l’assurance-vie en Tunisie et sa faible pénétration sur le marché, à peine 28-30 % du total de l’assurance. Il a rappelé que la Tunisie affiche un taux de pénétration de 2,5 % contre 7 % en moyenne mondiale, et 2,7 % pour l’Afrique, soulignant le chemin à parcourir pour atteindre les standards internationaux.

Cependant, il a noté le facteur encourageant dont un taux de croissance de 19 à 21 % en 2024, qui laisse augurer une convergence possible vers la moyenne africaine dans une dizaine d’années. Il a rappelé la contribution importante de l’assurance-vie à l’épargne et au financement de l’endettement domestique, ainsi que son rôle dans la retraite complémentaire, au-delà de la simple couverture décès.

Il faut souligner que chaque pays possède sa spécificité et qu’il est difficile de copier un modèle d’assurance-vie. C’est là l’avis de l’expert financier Abdelkader Boudriga, qui a rappelé que l’assurance-vie est une institution économique et sociale, intégrée dans les politiques publiques pour stabiliser le travail et assurer le financement à long terme, notamment de la retraite.

Il a également a souligné que l’impôt sur la fortune et la raréfaction du marché obligataire comptent parmi les menaces qui planent sur la rentabilité et les ressources clés des assureurs, soulignant au passage que l’assurance-vie se développe paradoxalement dans les pays où l’incertitude économique est plus forte, car elle permet aux assurés de mieux gérer cette incertitude et de préparer leur avenir. Enfin, il a établi un lien entre le développement de l’assurance-vie et la prospérité économique, confirmant son rôle de levier de croissance et de stabilité.

L’assurance-vie, clé d’une retraite digne

Après avoir examiné le rôle macroéconomique de l’assurance-vie lors du premier panel, la conférence a abordé sa dimension sociale à travers le deuxième panel consacré à « L’assurance-vie : un levier de protection et de cohésion sociale ». A cet effet,  Jouda Khemiri, présidente du Comité Général des Assurances (CGA), a rappelé que l’assurance-vie ne se limite pas à un simple complément aux régimes de sécurité sociale. Elle constitue un mécanisme d’épargne accessible à tous, y compris aux petits épargnants, par des versements réguliers ou ponctuels.

Selon elle, l’assurance-vie permet également de désigner librement des bénéficiaires et de répartir le capital indépendamment des règles classiques d’héritage, renforçant ainsi la protection des familles et la solidarité sociale. Elle a souligné l’importance d’un cadre réglementaire clair et stable pour favoriser le développement du secteur et a précisé que l’impôt sur la fortune ne concerne pas la branche assurance-vie, contrairement à certaines informations diffusées par des sources non-officielles

En conclusion, Hafedh Lamouri, ancien ministre des Affaires sociales, s’est penché sur le rôle de l’assurance-vie dans les équilibres du système de retraite national. Il a insisté sur la nécessité de la retraite complémentaire en Tunisie, rappelant que les régimes publics ne suffisent plus à garantir un niveau de vie décent aux pensionnés.

Avec 1,2 million de retraités, dont une majorité perçoit des pensions modestes et exonérées de l’impôt sur le revenu, la retraite complémentaire apparaît désormais indispensable. Il a plaidé pour une réforme globale incluant une revalorisation indexée des pensions et un effort renforcé de sensibilisation, notamment dans le secteur privé.

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Auteur

Samir DRIDI

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