gradient blue
gradient blue
A la une Actualités

Entreprises publiques : Rationalisation et efficacité

  • 31 janvier 18:00
  • 4 min de lecture
Entreprises publiques : Rationalisation et efficacité

Le Chef de l’Etat ne cesse, à chaque fois, de rappeler l’urgence de soumettre les entreprises publiques en difficulté à des réformes structurelles globales.

Ces unités sont actuellement une charge très lourde pour le budget de l’Etat et doivent se reconvertir, rapidement, en structures de soutien et d’accompagnement de l’économie nationale en ces temps de reconstitution et de redressement.

La Presse — Les entreprises publiques tunisiennes, malgré la bonne volonté politique et les multiples programmes de soutien et de sauvetage mis en place et les importantes réformes structurelles engagées, continuent à constituer un lourd fardeau pour le budget de l’Etat.

Les opérations de recapitalisation, les subventions ou encore les avances périodiques ont fini par conduire non seulement à une situation déficitaire chronique de ces entreprises mais aussi, à affecter le budget de l’Etat, ce qui risque de perturber la bonne conduite des programmes de développement national engagés ou en cours de planification.

Et même si les statistiques ne sont pas, à cet effet, précises, tout laisse à croire que le gouffre financier est considérable. On parle ainsi de pertes représentant aux alentours de 8% du PIB, en raison, notamment d’un sureffectif, de plus en plus, pénalisant, d’une productivité assez faible et d’une gouvernance à l’approximatif.

Les dernières statistiques retiennent, en effet, que la dette des principales entreprises s’élève à plus de 11 milliards de dinars (à prendre avec réserves faute d’indicateurs précis).

Ce diagnostic explique les dérives actuelles des EP qui deviennent, de plus en plus, des charges lourdes pour le budget, alors qu’elles sont supposées soutenir l’économie nationale et ses finances.

Or, notre pays, déjà à court d’arguments et de moyens financiers solides, ne pourrait plus se permettre cette situation. D’où le lancement, à chaque fois, de nouvelles dispositions, tout en espérant un aboutissement heureux.

Les principales orientations ont porté sur la révision de la gouvernance, toujours le maillon faible de cette catégorie d’entreprise, l’assouplissement de la réglementation sur les marchés publics, jugée rigide et complexe, et l’option pour la fusion de certaines entités opérant dans le même secteur pour réduire les charges et améliorer le rendement collectif.

Contractualisation de la performance

Le choix s’est porté également sur les contrats – performance , une alternative qui pourrait s’avérer très utile, car elle a, comme on l’a déjà souligné, la capacité, grâce à des indicateurs de pilotage et de suivi, de conditionner la gestion et miser sur la performance durable.

Cela est d’autant plus vrai que la contractualisation permet de mieux responsabiliser nos acteurs économiques, réformer et restructurer l’entreprise en difficulté.

Mieux encore, selon les analystes, les contrat-performances s’imposent «comme des leviers stratégiques pour la pérennité de l’entreprise puisqu’ils sécurisent la gestion, optimisent les coûts et aident à atteindre des objectifs opérationnels mesurables».

Ils ont également le mérite de « transformer la gestion contractuelle en avantage concurrentiel grâce au suivi des engagements, à la maximisation de la valeur et à la réduction des risques».

En somme, les entreprises publiques tunisiennes doivent évoluer dorénavant, et comme le rappelle la Cheffe du gouvernement, dans le cadre d’une nouvelle stratégie cohérente, fiable, saine et prospective. Une enveloppe de 100 millions de dinars serait mobilisée à ce programme de «rationalisation et d’efficacité».

En plus du soutien des unités en difficulté, le souci serait porté, en parallèle, sur la préservation et l’élargissement de l’efficacité de certaines entreprises qui, malgré leur bonne santé économique risquent de subir des revers pénalisant, faute d’une saine gestion.

On pense surtout à la Société nationale de distribution des pétroles, Sndp, qui, en dépit de sa performance, pourrait connaître, du moins à moyen et long terme, quelques difficulté, en raison de certaines défaillances au niveau de la gestion des créances, surtout celles des sociétés de transport.

Des montants trop élevés et qui sont en mesure, une fois récupérés, d’aider l’entreprise à aller encore plus loin en termes d’investissements, d’innovation et de qualité.

Auteur

Anis SOUADI

You cannot copy content of this page