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Culture

Mes Humeurs : Harry, la tempête qui a brisé le calme méditerranéen

  • 31 janvier 17:15
  • 4 min de lecture
Mes Humeurs : Harry, la tempête qui a brisé le calme méditerranéen

La Presse Indiscutablement, le dérèglement climatique a réchauffé les eaux marines, la Méditerranée n’y a pas échappé ; nourrie par des masses d’air chaud, il y a une dizaine de jours, la tempête, baptisée  Harry, s’est déplacée d’est en ouest, balayant la mer avec une brutalité inhabituelle, en quelques heures, le littoral a basculé dans l’urgence — rappelant que cette vieille Méditerranée réputée paisible peut, elle aussi, devenir un foyer de violence extrême.

Cette bourrasque est indéniablement liée à des conditions climatiques exceptionnelles, les preuves s’accumulent, en dépit des voix climatosceptiques encore dissidentes. Des vents puissants, des pluies torrentielles et une houle dévastatrice se sont abattus sur les gouvernorats de l’est et le centre de la Tunisie, routes submergées, circulation paralysée et citoyens bloqués ; mais pas que : le cyclone a aussi provoqué un torrent de commentaires appropriés et des critiques inopportunes.

La sphère médiatique a explosé, les explications rationnelles côtoient les interprétations fantaisistes (appuyées parfois par des images truquées).

Harry a migré vers le sud de l’Italie, à la pointe de la Sicile, il a entraîné de lourds ravages, des pans de la nature meurtris, des paysages profondément altérés, 1.500 habitants du village de Niscemi évacués et des bâtiments durement touchés; les pouvoirs publics estiment les dégâts à un milliard d’euros.

Retour au Cap Bon,à Nabeul où de gros dégâts sur le littoral ont été constatés, des digues fragilisées et des habitations endommagées et…  plages fortement érodées qui ont dévoilé un phénomène extraordinaire, quasi «miraculeux » qui a surpris non seulement la population, mais  piqué aussi la curiosité des spécialistes : des vestiges jusque-là enfouis, pièces, objets et autres éléments ont refait surface sur des zones de l’antique site de Neapolis (site de Sidi Mahersi), à Hergla (Kortine) à  Mahdia (Salakta et Borj Erras). Branle-bas de combat chez les spécialistes de l’Institut national du patrimoine (INA), des équipes sont dépêchées pour recenser et documenter ces trésors qu’il faudra sauver des prédateurs et autres pilleurs à l’affût. Comment et à quel prix ?

Harry a provoqué l’affaissement d’une partie du village de Sidi Bou Saïd, le village est menacé du côté de la pente de la colline où l’on a vu les dégâts des éboulements qui ont suivi la tempête ;  une photo montre le sol  crouler et la boue couler, révélant la vulnérabilité de ce site emblématique face aux colères de la mer, ce glissement de terrain rappelle la fragilité d’un patrimoine exposé aux aléas climatiques.

Des citoyens crient au scandale et les dangers qu’encourent le village et les citoyens, mettant en cause les constructions anarchiques, les vibrations émises par les centaines de bus, la lenteur ou l’inertie d’une administration publique défaillante,incapable à leurs yeux d’anticiper des risques pourtant connus et des phénomènes extrêmes appelés à se multiplier. Des solutions sont disponibles, affirment des habitants (apparemment avertis). Comment et surtout à quel prix ?

Les explications des climatologues ne laissent pas d’espace à des propos fantaisistes, elles convergent vers un seul point :   certaines régions vont devenir inhabitables, explique entre autres Sonia Seneviratne, climatologue, membre du GIec, qui conclut : «Certaines régions vont devenir inhabitables. On peut penser justement à certaines régions côtières avec l’augmentation du niveau des mers». Sidi Bou Saïd, village côtier en fait-il partie ?

Auteur

Hamma Hannachi

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