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A la une Société

Numérique – Qui élève nos enfants : les parents ou les écrans ?

  • 31 janvier 19:00
  • 8 min de lecture
Numérique – Qui élève nos enfants : les parents ou les écrans ?

Peut-on dire et affirmer que la tablette, le portable et l’ordinateur sont devenus des sujets de préoccupation pour les parents en Tunisie? Nous avons posé la question à deux revendeurs de ces appareils qui nous ont répondu presque de la même manière : «Il faudrait se rendre à l’évidence.

Les parents, surtout aisés, ne se posent même pas la question. Pour nombre d’entre eux, la joie qui illumine les yeux de leurs enfants en mettant sous le bras le carton qui contient un portable dernier cri, une tablette ou un ordinateur, est indescriptible. Les risques et dangers, l’utilisation intensive, les choix, les répercussions sur la santé, c’est de la littérature. Elle n’est pas d’actualité»

La Presse —Pourtant sur les réseaux sociaux, le monde entier ne sait que faire contre ces envahisseurs qui ont pris en otage les enfants, les  adolescents et les… adultes. Tout le monde en fin de compte.

L’amplification du phénomène

Il faudrait reconnaître quand même que des médecins et des pères de famille inquiets face à l’amplification du phénomène ont commencé à comprendre leur douleur lorsque le Covid-19 a transformé la planète en un vaste hôpital de campagne.

Cloîtrés dans une maison que pourraient faire les membres d’une famille, alors que les sorties étaient interdites, que le nombre de personnes tolérées dans une grande surface, dans les mosquées, à l’entrée des banques ou entreprises de services ou même dans les marchés de fruits et légumes était limité et les consignes appliquées à la lettre?

Pour passer le temps, il faut bien faire quelque chose. Un portable, une tablette, un ordinateur étaient nécessaires. Il y a eu même des ruptures de stocks.

L’alerte terminée, la répétition des actes engendrant l’habitude, la planète entière a tenu à ces passe-temps, sans penser aux conséquences.

On a mis du temps pour comprendre que les problèmes de langage, de violence, d’irritation, de comportements inhabituels à l’égard des parents, des frères et sœurs, de l’enseignant ou tout simplement dans la société ont changé.

Pédagogues, scientifiques, enseignants et autres personnes se sentant responsables du devenir des prochaines générations se sont enfin penchés sur ce problème.

Reprendre la situation en main

C’est clair et pour faire court, on promulgue des lois pour essayer d’enrayer le processus et de reprendre la situation en main.

Ce n’est jamais trop tard pour bien faire et corriger ce mal qui s’est emparé de nos sociétés, affirme un enseignant à la retraite. Mais il y a des conditions pour que ces efforts déployés à tous les niveaux réussissent.

Dans cette histoire, il y a trop de parties prenantes et d’intervenants qu’il faudrait prendre en main. Cela démarre au niveau des parents, pour arriver aux revendeurs de ces téléphones, de ces ordinateurs, en passant par les tablettes.

Comment  convaincre ces gents-là alors que c’est leur gagne-pain ? C’est bien beau de décider que la vente de ces «compagnons des temps modernes» de nos enfants, ne soient vendus qu’à ceux qui ont atteint un âge bien déterminé ?

Qui peut assurer que cela pourrait marcher et qu’un frère, un voisin ou un ami n’ira pas acheter un téléphone pour le remettre à celui qui n’a pas le droit d’en avoir un?

Les dangers qui guettent

Pourtant, face à l’extension du danger, les études déferlent sur la place publique. Les journaux, les médias d’une façon générale, font parler les spécialistes et exposent la gravité de la situation. Rien n’y fait.  Ces yeux d’où perlent des larmes de joie font fondre les parents. Ils se proposent certes d’imposer des règles d’utilisation. Mais…

Quelle a été la marge de réussite, des progrès de ceux qui, au bord de la catastrophe, ne savent plus quoi faire? Il y a des statistiques que l’on cache par peur de provoquer de graves malentendus.

Parce que tout simplement, une fois le mal bien engagé, on s’évertue à accuser les responsables d’avoir tardé à prendre les dispositions qui s’imposaient. Un revendeur de lunettes nous a assuré que le nombre d’enfants qui portent maintenant des lunettes est en augmentation. «Posez la question à la Cnam ils vous assureront cela». 

La surexposition aux écrans peut avoir des effets négatifs sur  ceux qui  regardent les écrans. Surtout que les enfants ont tendance à se coller aux écrans. 

Et les écrans sont partout. On ne peut pas empêcher les enfants de regarder la télévision, le smartphone ou la tablette. Des études sérieuses montrent qu’il est important de limiter le temps passé sur ces écrans par les enfants, en fonction de leur âge.

Des arguments et une loi

Pour appuyer ces dires, les arguments présentés en France pour promulguer une loi :

«Entre 0 et 3 ans, il est indispensable de privilégier les interactions et de développer ses 5 sens. Le temps passé devant un dessin animé ne permet pas de développer le langage, par exemple».

Une inspectrice  de crèches, nous explique que  la lumière bleue perturbe le rythme circadien et nuit au sommeil.

Le fait de se scotcher à la télé favorise l’obésité, les troubles du sommeil, les dépressions, diminue la synchronisation des mouvements et retarde l’équilibre,  sans compter des contenus inadaptés (pornographie) et au cyberharcèlement. 

Les téléphones portables sont devenus un élément incontournable. L’usage immodéré peut favoriser le risque de tumeurs de la tête et du cou, du fait du rayonnement électromagnétique, nous assure un médecin de famille.

Le smartphone est perçu comme une drogue comportementale, capable de nuire aux relations familiales et scolaires. 

Les terrains vagues remplacés

Un médecin président d’un club sportif n’y pas allé par quatre chemins : «C’est simple, les portables et les tablettes ont réduit considérablement le nombre d’enfants et de jeunes qui viennent faire du sport.

D’ailleurs, on ne se plaint plus de l’absence de terrains vagues. On ne voit plus d’enfants ou d’adolescents courir derrière un ballon dans les rues. Et presque plus dans les plages. Les tablettes et portables ont rempli le vide».

«La France renforce sa législation pour protéger les mineurs des risques liés aux écrans, avec une proposition de loi adoptée par le Sénat fin 2025. Les nouvelles mesures visent à interdire les réseaux sociaux avant 15 ans et à généraliser l’interdiction des téléphones portables au lycée dès septembre 2026, après celle en vigueur au collège. 

Le gouvernement prévoit d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans pour contrer leur caractère «addictif».

Le projet de loi vise à interdire l’usage des téléphones portables au lycée à partir de la rentrée 2026.

Le dispositif «Portable en pause» (interdiction déjà en vigueur) est renforcé pour la rentrée 2025, avec des règles strictes sur l’utilisation des écrans dans l’enceinte des établissements.

Interdiction des écrans dans les lieux d’accueil pour les moins de trois ans depuis juillet 2025».

Des conseils ?

Nous en trouvons au sein de tous les rapports qui ont sanctionné les milliers d’études. Mais l’essentiel serait de trouver des parents compréhensifs, sensibilisés aux problèmes que cela pose pour gagner la partie. Nous y trouvons, entre autres, qu’il faudrait  retarder l’usage en évitant l’achat d’un smartphone avant 12-13 ans.

Ne pas laisser les enfants de moins de 3 ans s’exposer aux écrans

Limiter le temps en définissant des règles claires et restreindre le temps d’écran.

Installer des applications pour filtrer le contenu et contrôler la durée.

Interdire le téléphone dans la chambre la nuit pour préserver le sommeil.

Il est recommandé de ne pas laisser les enfants de moins de 3 ans s’exposer aux écrans, etc., etc. 

Considérant l’importance que revêt cette question, serait-ce irrévérencieux de demander à ce qu’on accorde à cette question l’intérêt qu’elle mérite? Des études ont été menées partout dans le monde.

Nous possédons des personnes capables de démontrer la nécessité de protéger nos enfants et nos jeunes de ce fléau, tout en étant réalistes et pragmatiques. Sans commissions chargées de créer des commissions, parce que tout simplement, il n’y a plus de temps à perdre.

Auteur

Kamel GHATTAS

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