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Touristes étrangers : ce qui change dans les bureaux de change tunisiens

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  • 31 janvier 11:51
  • 4 min de lecture
Touristes étrangers : ce qui change dans les bureaux de change tunisiens

La Banque centrale de Tunisie (BCT) a publié la circulaire n°2026‑02, instaurant un cadre réglementaire renforcé pour les bureaux de change. Cette réforme vise à mieux encadrer les opérations de change manuel, à lutter plus efficacement contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, et à améliorer la transparence du secteur, y compris pour les touristes étrangers qui échangent des devises contre des dinars tunisiens.

La nouvelle circulaire impose aux bureaux de change de mettre en place un dispositif interne de vigilance et de suivi adapté à la taille de leurs activités et au profil de leur clientèle. Les bureaux doivent procéder à l’identification systématique de leurs clients, en exigeant une pièce d’identité officielle pour chaque transaction, et filtrer les usagers contre les listes nationales et internationales d’individus ou d’entités liés à des risques de terrorisme ou de sanctions. Le suivi des opérations inhabituelles ou suspectes et la déclaration obligatoire de ces transactions à la Commission tunisienne des analyses financières (CTAF) font également partie des nouvelles obligations.

Les bureaux de change doivent conserver les informations relatives aux clients et aux transactions pendant dix ans, y compris les pièces d’identité et les bordereaux de change, afin de permettre des contrôles ultérieurs. Par ailleurs, le personnel doit être formé en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, et la Banque centrale se réserve le droit d’imposer des sanctions administratives, allant de l’avertissement jusqu’au retrait d’agrément, en cas de non‑conformité.

Ces règles s’appliquent à tous les bureaux de change agréés ainsi qu’à tous les clients effectuant des opérations de change manuel, qu’il s’agisse de touristes étrangers souhaitant acheter des dinars, de résidents ou de non‑résidents échangeant des devises, ou de personnes effectuant des transactions d’un montant substantiel ou jugées à risque.

Ce qui change pour les touristes étrangers

Concrètement, pour les touristes étrangers, la réforme introduit plusieurs changements. La documentation est désormais obligatoire : les transactions ne peuvent être réalisées sans présentation d’une pièce d’identité valide, même pour de petits montants. Chaque opération est enregistrée et traçable, ce qui augmente la transparence des flux de devises et réduit le risque d’abus ou de blanchiment. Les bureaux de change peuvent refuser des opérations si la vérification d’identité ou la finalité de la transaction ne sont pas claires. Enfin, bien que la circulaire n’impose pas de frais supplémentaires, les nouvelles procédures peuvent allonger le temps nécessaire pour effectuer les opérations.

La Banque centrale explique que cette réforme s’inscrit dans un effort national pour renforcer la lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et la prolifération d’armes. Elle vise également à aligner la régulation tunisienne sur les standards internationaux, notamment ceux du Groupe d’action financière (GAFI), et à assainir le marché des changes en limitant la circulation informelle des devises.

Dans un contexte plus large, la réglementation tunisienne prévoit déjà que toute somme en devises égale ou supérieure à 20 000 TND doit être déclarée à l’entrée ou à la sortie du territoire, conformément au code des changes et du commerce extérieur. La circulaire n°2026‑02 ne modifie en revanche ni le taux de change du dinar, ni les plafonds légaux pour l’importation ou l’exportation des devises, mais se concentre sur la gouvernance, la transparence et la conformité des opérations de change manuel.

En résumé, la Banque centrale tunisienne a instauré une réglementation plus stricte pour les bureaux de change, visant à améliorer la vigilance, la traçabilité et la conformité réglementaire. Ces mesures affectent tous les clients, y compris les touristes, et s’inscrivent dans un cadre plus large de lutte contre le blanchiment d’argent et de renforcement de la crédibilité du système financier tunisien à l’international.

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Auteur

La Presse

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