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Economie

Question de la semaine : En entrepreneuriat, le mental fait-il la différence ?

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  • 1 février 19:00
  • 4 min de lecture
Question de la semaine : En entrepreneuriat, le mental fait-il la différence ?

La Presse — Quand on est entrepreneur en herbe, on a souvent l’impression que les astres s’alignent en notre faveur : l’idée parfaite, le bon partenaire et les circonstances idoines semblent être réunies pour se lancer dans l’aventure entrepreneuriale. Sauf que, spoiler alert, la vie d’un entrepreneur est faite de montagnes russes. Une fois le véritable parcours entamé, la désillusion ne tarde pas à se manifester.

C’est précisément à ce moment-là que le mot persévérance prend tout son sens. Car être entrepreneur, c’est aussi être capable de gérer le stress, de faire preuve d’une grande patience, de prendre des risques mesurés, d’être ingénieux pour contourner les obstacles et, surtout, suffisamment agile pour s’adapter à des situations dans lesquelles on se retrouve parfois piégé.

Dans la réalité, l’entrepreneuriat est avant tout une longue épreuve de patience, de persévérance et de résistance mentale. Un chemin semé d’embûches, où l’énergie et la motivation sont constamment mises à rude épreuve. La première confrontation avec le réel arrive très vite : les démarches administratives. Créer une société, obtenir des autorisations, faire valider des dossiers, répondre aux exigences de différentes administrations…

Autant d’étapes nécessaires, mais souvent éprouvantes. Elles n’ont rien à voir avec le cœur du business et donnent souvent le sentiment de perdre du temps. Les délais s’allongent, les dossiers peuvent être rejetés, les règles peuvent changer. Vient ensuite l’une des étapes les plus redoutées : le financement. Lever des fonds, lorsqu’on crée une entreprise, est loin d’être un long fleuve tranquille.

Si l’entrepreneur peut parfois compter sur le soutien de son entourage (ce qu’’on appelle communément le love money), les choses se compliquent nettement lorsqu’il s’agit de convaincre des investisseurs.

Pour ces derniers, le dossier d’un entrepreneur n’a rien d’unique : il s’agit simplement d’un projet parmi tant d’autres. Leur objectif est avant tout de limiter les risques et de détecter les failles.

C’est pourquoi les échanges avec les investisseurs peuvent s’avérer éprouvants : critiques sévères, questions déstabilisantes, doutes exprimés sans ménagement. À ce stade, les entrepreneurs peuvent adopter une de ces deux attitudes.

Certains se laissent démoraliser, tandis que d’autres rebondissent sur chaque remarque pour la transformer en levier d’amélioration. Il faut toutefois s’attendre à des refus, à des délais interminables et à des silences pesants. Plusieurs livres sur l’entrepreneuriat, à l’instar du célèbre manuel « De l’idée à la création d’entreprise : comment concrétiser votre projet », décrivent cette phase comme charnière, révélant à la fois la solidité du projet et celle de l’entrepreneur.

La levée de fonds n’est pas seulement une question d’argent: elle met à l’épreuve la capacité à persévérer, à rebondir et à croire en son idée sans s’aveugler. Lorsque l’entreprise entre enfin en phase de production et de développement commercial, les désillusions prennent une autre forme.

L’intérêt pour la valeur proposée peut tarder à se manifester et ne se transforme pas toujours en acte d’achat. Là encore, le temps est un facteur clé. Convaincre un marché exige des ajustements constants, une adaptation permanente de l’offre et une forte capacité à encaisser les refus. Il n’existe, pour ainsi dire, aucune trajectoire toute tracée.

L’entrepreneur doit apprendre à avancer sur plusieurs fronts, sans attendre passivement des réponses qui n’arrivent pas. Entreprendre, c’est accepter l’incertitude, apprendre à maîtriser ses émotions et avancer malgré le doute. Dans ce parcours, il faut insister, reformuler, relancer. Et surtout, ne pas baisser les bras. Car, tôt ou tard, une solution finit toujours par émerger. Se remettre en question ne signifie pas renoncer à sa vision, mais apprendre à mieux la défendre et à mieux convaincre.

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Auteur

Marwa Saidi

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