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Troisième édition du programme « Docto’Entrepreneur » : La recherche universitaire au service de l’industrie

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  • 1 février 19:30
  • 6 min de lecture
Troisième édition du programme « Docto’Entrepreneur » : La recherche universitaire au service de l’industrie

En rapprochant chercheurs et industriels autour de projets à fort potentiel technologique, le programme « Docto’Entrepreneur » entend combler le fossé entre le monde académique et l’entreprise. Son ambition : rendre la recherche scientifique accessible et exploitable par l’industrie à travers des solutions technologiques innovantes.

La Presse — C’est à l’occasion d’une journée dédiée à la présentation de son premier bilan à mi-parcours que le programme « Docto’Entrepreneur » a dévoilé les prochaines étapes de son déploiement. Organisée récemment à l’Université de Carthage, cette rencontre a réuni une dizaine de startuppeurs-chercheurs issus de cette institution, ainsi que plusieurs partenaires du programme dont l’Apii, la fondation « Hanns Seidel » et la « STB ».

Porté par l’« Université de Carthage », en collaboration avec le « Pôle Étudiant Entrepreneur » de la même université et l’accélérateur « U-Accelerator », le programme en est aujourd’hui à sa troisième édition.

Il a pour objectif de valoriser la recherche académique en mettant les innovations qui en sont issues au service des entreprises industrielles.

« Ce programme vise à identifier des projets qui peuvent apporter de la valeur ajoutée à l’industrie locale et qui peuvent contribuer au développement de la technologie existante en Tunisie », a affirmé à La Presse Mongi Besbes, vice-président de l’Université de Carthage chargé de la Recherche. Un appel à candidatures destiné aux chercheurs porteurs de projets innovants a, en effet, été lancé.

Parmi une quarantaine de candidatures reçues, 15 projets ont été retenus, principalement ceux présentant un certain niveau de maturité technologique et disposant d’un proof of concept (POC). « Les 70 laboratoires de recherche relevant de l’Université de Carthage sont mis à la disposition des chercheurs sélectionnés. Nous œuvrons à les soutenir afin qu’ils réussissent la montée en maturité technologique de leurs projets », a ajouté M. Besbes.

Les étapes suivantes 

De son côté, Firas Karoui, CEO de l’accélérateur U-accelerator a souligné que l’initiative vise à rapprocher l’industrie et l’université, dans une logique gagnant-gagnant, avec pour objectif la création de startups scientifiques issues de projets collaboratifs entre industriels et laboratoires de recherche. Il a précisé que le programme cible principalement les domaines des énergies renouvelables, de la green tech et de l’intelligence artificielle. L’ambition est d’aboutir à des projets de recherche valorisables, à travers des brevets, des startups spin-off ou d’autres formes de partenariats techniques et scientifiques avec les entreprises.

Une fois la phase de sélection achevée, l’étape suivante consiste à personnaliser les prototypes des 15 projets retenus — les plus matures, avec un niveau de Technology Readiness Level (TRL) 3 — en fonction des besoins du marché.

Cette phase intervient après une mise en relation avec les industries concernées. « Une fois l’adéquation université-industrie validée sous forme d’un projet commun, on passe à l’étape de maturation et de perfectionnement des produits.

A ce stade, le business model et les stratégies d’innovation sont définis. Vient ensuite la phase d’implémentation, qui peut prendre la forme d’une startup spin-off (startup scientifique), d’un projet de collaboration, souvent sous forme de prestation de services, d’une coopération scientifique et technique avec l’entreprise, ou encore d’un projet de montage de « grant », c’est-à-dire un montage du dossier de financement », a-t-il expliqué.

La bonne nouvelle c’est que plusieurs entreprises ayant participé aux précédentes éditions du programme ont déjà manifesté leur intérêt pour certaines idées, laissant entrevoir des perspectives de partenariats prometteuses.

Créer des ponts entre l’Université et le monde de l’entreprise  

La question du rapprochement entre le monde de l’entrepreneuriat et celui de la recherche scientifique, plus largement du milieu académique, suscite depuis longtemps un intérêt croissant. Le manque à gagner, lié au décalage entre ces deux sphères, est souvent important, comme le confirment de nombreuses études et enquêtes internationales.

C’est ce constat qui a motivé l’« Université de Carthage » et le « Pôle Étudiant Entrepreneur » à lancer cette initiative, avec une ambition double : ancrer davantage la culture entrepreneuriale chez les chercheurs doctorants et permettre au tissu industriel de bénéficier des travaux de recherche, parmi les plus prolifiques à l’échelle internationale.

« En général, notre programme s’adresse à tous les étudiants de l’Université, quel que soit leur discipline ou leur niveau d’études. Toutefois, les doctorants et les chercheurs en bénéficient le moins.

C’est pourquoi le PEE, dont la mission est d’octroyer le statut d’entrepreneur aux étudiants, a conçu un programme spécifiquement adapté aux laboratoires de recherche puisque nous avons constaté que de nombreux travaux de recherche ne sont pas en adéquation avec les besoins du tissu économique et industriel », a expliqué à La Presse Imed Maatouk, directeur du « Pôle Étudiant Entrepreneur » de l’« Université de Carthage ». Et d’ajouter : « Nous avons voulu capitaliser sur l’expérience acquise au sein du PEE de l’Université de Carthage pour la généraliser aux laboratoires et aux centres de recherche. Notre objectif est de promouvoir la culture entrepreneuriale non seulement dans les écoles d’ingénieurs, mais aussi auprès de la communauté des doctorants ».

Pour Mohamed Nadhir Ben Fayala, chargé de programmes à la fondation « Hanns Seidel », ce type d’initiative contribue à créer des passerelles entre le monde académique et l’industrie, tout en insufflant un nouveau souffle à l’industrie tunisienne grâce à l’innovation. « Les statistiques les plus récentes montrent un niveau élevé de la recherche scientifique en Tunisie en termes d’indicateurs quantitatifs (nombre de chercheurs, d’articles, etc.), mais ces mêmes rapports soulignent l’absence de valorisation concrète de ces travaux sur le terrain.

Cela traduit une rupture entre le secteur privé et le secteur de la recherche. Il n’existe pas de dynamiques suffisantes pour rapprocher ces deux mondes, qui n’ont pas, par ailleurs, la même vision », a-t-il expliqué à La Presse.

Il a également indiqué que le programme pourrait s’inspirer de l’expérience bavaroise, réputée pour ses clusters regroupant industriels et centres de recherche, estimant que cette initiative pourrait constituer les prémices d’un projet de création de clusters en green tech, en biotechnologie ou dans d’autres domaines.

Rappelant que l’innovation figure parmi les axes stratégiques sur lesquels travaille l’agence, Donia Barketi, représentante de l’Apii, a expliqué qu’à travers ce programme, l’enjeu est de   favoriser le maillon manquant qui lie l’université et l’industrie. « On est présent dans ce programme pour apporter notre expérience et notre expertise, notamment en matière de mobilisation de ressources », a-t-elle souligné. 

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Auteur

Marwa Saidi

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