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Vers la fin du “Changuel” au profit des amendes autocollantes ?

  • 1 février 16:28
  • 4 min de lecture
Vers la fin du “Changuel” au profit des amendes autocollantes ?

Un député au Conseil national des régions et des districts a proposé la suspension de l’utilisation des grues de fourrières, connues en Tunisie sous le nom de “Changuel” (ndlr), et leur remplacement par un système d’amendes autocollantes, jugé plus moderne, moins coûteux et plus respectueux des biens des citoyens.

Le député représentant la région de Ben Arous, Marouan Ziyane, a adressé une proposition officielle en ce sens au ministre de l’Intérieur, visant à réformer les mécanismes de gestion du stationnement anarchique. Dans une déclaration accordée, ce dimanche, à l’Agence TAP, il a indiqué que cette initiative s’inscrit dans une démarche de modernisation de l’action municipale et d’apaisement des relations entre l’administration et les citoyens, souvent mises à mal par les pratiques actuelles de levage des véhicules.

Selon le député, les opérations de levage effectuées par les grues de fourrières causent d’importants dommages matériels aux véhicules, notamment aux pare-chocs, aux carrosseries et, dans certains cas, entraînent même le renversement de voitures lors de manœuvres rapides ou non conformes. Ces pratiques contreviennent, a-t-il souligné, aux normes internationales des constructeurs automobiles, qui interdisent le remorquage ou le levage d’un véhicule par un seul essieu sur de longues distances.

La proposition s’appuie également sur des arguments techniques précis liés à l’évolution du parc automobile national. Marouan Ziyane a rappelé que la majorité des véhicules en circulation en Tunisie est aujourd’hui équipée de boîtes de vitesses automatiques. Or, les documents techniques joints au dossier démontrent que le levage partiel ou le remorquage anarchique peuvent provoquer la rupture du verrou de stationnement, ainsi que des dysfonctionnements du système hydraulique et des engrenages internes. Des dommages souvent coûteux, parfois invisibles à court terme, mais susceptibles de donner lieu à des litiges judiciaires et à des indemnisations importantes, supportées in fine par les municipalités.

Face à cette situation, le député propose l’adoption du système des amendes autocollantes, déjà en vigueur dans plusieurs pays développés, dont la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni. Ce dispositif consiste à apposer un avis d’infraction sur le pare-brise du véhicule en infraction, à numériser la contravention et à l’intégrer dans un système informatique centralisé, permettant son recouvrement lors du paiement des taxes ou du renouvellement de la vignette automobile.

Dans ce schéma, le recours aux grues de fourrières serait strictement limité aux cas exceptionnels, lorsque le véhicule constitue un danger réel pour la sécurité publique ou bloque totalement la circulation, notamment pour les ambulances et les services de la protection civile.

L’étude accompagnant la proposition met en avant les avantages financiers de cette réforme. La transition vers un système numérique permettrait de réduire de plus de 60 % les dépenses de fonctionnement des municipalités, notamment en carburant, en maintenance des camions et en logistique, tout en améliorant sensiblement le taux de recouvrement des amendes.

Afin de garantir la durabilité du dispositif, la proposition prévoit également un mécanisme de financement innovant, reposant sur l’affectation des recettes issues des amendes à un fonds national ou local dédié au stationnement. Ce fonds servirait à financer des projets de parkings à étages et intelligents dans les zones urbaines à forte congestion, permettant ainsi de transformer les recettes des infractions en investissements directs au bénéfice des citoyens.

Marouan Ziyane a conclu en soulignant que cette réforme vise à consolider l’État de droit, à instaurer une application plus équitable de la loi, à préserver les biens des citoyens et à renforcer les ressources des collectivités locales, tout en rompant avec des méthodes traditionnelles jugées coûteuses, inefficaces et sources de controverse.

Auteur

La Presse

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