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Culture

Premier spectacle d’Al Daheeh en Tunisie : Le talent sur scène, la débâcle en coulisses

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  • 3 février 18:00
  • 6 min de lecture
Premier spectacle d’Al Daheeh en Tunisie : Le talent sur scène, la débâcle en coulisses

Pourvu que les sociétés organisatrices, qui maîtrisent parfois «l’art de la galère», tirent les leçons de leurs erreurs et se rattrapent lors de leurs prochains événements.

La Presse — L’acteur et créateur de contenu égyptien Ahmed El-Ghandour, plus connu sous le nom de Al Daheeh, a été au Palais des Congrès de Tunis lors de la soirée du dimanche 1er février pour son premier spectacle en Tunisie «Fan al marmata» (L’art de la galère). En dépit du talent incontestable de l’artiste, les défaillances de l’organisation ont terni le plaisir d’un show qui aurait pu être mémorable.

De la création de contenu à la scène

Al Daheeh a commencé son parcours depuis plus de 10 ans avec des vidéos sur YouTube qui expliquent des thèmes historiques, scientifiques et autres de manière approfondie et hilarante à la fois. Il est, en effet, titulaire d’une licence en biologie de l’Université américaine du Caire et d’un master en éducation de l’Université de Hong Kong.

Sa façon d’aborder des sujets complexes avec des détails minutieux traduit un effort de recherche approfondie. D’ailleurs, le mot «Daheeh» en dialecte égyptien signifie «intello» avec une nuance péjorative qui fait référence à un élève raillé par ses pairs pour avoir été studieux de manière exagérée.

Ce qui fait la singularité de ce créateur de contenu est l’humour par lequel il présente ses vidéos, qui accroche et favorise la mémorisation des informations par les jeunes et les moins jeunes. Son public se compte aujourd’hui par des centaines de millions et les vues cumulées de ses vidéos sur les différentes plateformes en témoignent.

Il est de ce fait l’un des créateurs de contenus les plus appréciés à grande échelle et développe actuellement son contenu avec l’appui d’auteurs, producteurs et autres collaborateurs. Il a franchi par la suite avec succès le pas de la scène, en proposant des spectacles à la fois pédagogiques et humoristiques.

Un spectacle éducatif sous le prisme de l’humour

Al Daheeh a déjà été en Tunisie en 2024 pour une conférence dans le cadre de la 24e édition du Festival arabe de la radio et de la télévision. Ses followers ont exprimé le souhait de le voir sur scène. Il est donc revenu deux ans après. Sitôt le spectacle annoncé, les tickets se sont écoulés à une vitesse impressionnante en dépit des prix élevés. Ils ont été proposés à partir de 65 dinars et atteignant même 320 dinars pour la catégorie «Meet and greet» qui aura le privilège de voir la star de près et échanger avec lui.

Le spectacle intitulé « L’art de la galère » a été axé sur des thématiques scientifiques, psychologiques et sociales, avec toujours trois caractéristiques clés : simple, drôle et accessible. Misant sur un langage clair, des exemples du quotidien et une approche ludique, il a évoqué les conduites addictives, la notion du bonheur, les relations familiales et bien d’autres sujets de grande importance.

Fidèle à sa méthode, il a dédramatisé ces concepts complexes par un humour incisif et une pédagogie accessible. L’un des points forts majeurs de Daheeh est sa capacité d’improvisation. Il a demandé sans cesse aux spectateurs de réagir en levant les mains et en criant leurs réponses. Il a rebondi dessus par la suite avec des réparties hilarantes. Le show a donc été interactif, original et unique.

Le public varié s’est senti intéressé par les informations et touché par les messages qu’il a passés. Ce succès confirme l’efficacité de son approche où l’innovation pédagogique, l’engagement social et la vulgarisation scientifique se rencontrent grâce à l’art théâtral pour inspirer et éduquer.

Une organisation largement défaillante

En dépit de la notoriété et de la créativité du Daheeh, l’ambiance dans la salle n’a pas été à la hauteur des attentes. Les problèmes de sonorisation ont considérablement altéré l’appréciation du spectacle. De plus, les portes sont restées ouvertes jusqu’à la fin.

Les retardataires ont donc continué à affluer alors que Daheeh était déjà sur scène.

La plupart n’ont pas trouvé de places, ont attendu debout entre les rangées pendant qu’on ajoutait des chaises au milieu du spectacle, ce qui a perturbé ceux qui avaient fait la queue des heures avant le début du spectacle et s’étaient installés à temps.

C’est pour cette raison que de nombreuses salles de théâtre indiquent clairement que l’entrée n’est plus possible au-delà du premier quart d’heure de la représentation.

De plus, une vingtaine de personnes avec des badges et qui étaient supposées veiller sur le bon déroulement de la soirée n’ont pas arrêté de se déplacer dans les passages entre les sièges tout au long du show.

Ils communiquaient à haute voix et n’ont pas respecté les spectateurs qui leur ont demandé à plusieurs reprises de prendre place et de faire moins de bruit.

C’était difficile de profiter pleinement de l’expérience avec un tel vacarme.

L’événement et le talent de l’artiste méritaient une organisation bien plus soignée. Pourtant, le public a dû composer avec des problèmes flagrants. Les applaudissements à la fin n’ont d’ailleurs pas été aussi chaleureux qu’au début, et de nombreux spectateurs ont quitté la salle avec une déception palpable. Pourvu que les sociétés organisatrices, qui maîtrisent parfois «l’art de la galère», tirent les leçons de leurs erreurs et se rattrapent lors de leurs prochains événements.

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Auteur

Amal BOU OUNI

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