Saif al-Islam Kadhafi, fils de l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, a été assassiné mardi à Zintan, dans l’ouest de la Libye, lors d’une attaque armée menée par des individus non identifiés, selon plusieurs sources concordantes. Le parquet libyen a annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire officielle afin d’identifier les auteurs et les circonstances exactes du meurtre.
Selon une source sécuritaire citée par Sky News Arabia, quatre hommes armés et masqués ont pris pour cible la résidence de Saif al-Islam dans la région d’Al-Hammada, au sud de la ville de Zintan, à environ 200 kilomètres au sud-ouest de Tripoli. Les assaillants auraient neutralisé les caméras de surveillance avant d’ouvrir le feu à bout portant, puis pris la fuite.
Le décès a été confirmé officiellement par Abdallah Othmane Kadhafi, cousin de la victime, représentant politique et chef de son équipe politique, à travers une publication officielle. Dans un communiqué, cette équipe a qualifié l’attaque d’”assassinat lâche et criminel perpétré par des mains coupables”.
Constatations médico-légales et enquête judiciaire
Dans un communiqué publié mercredi, le procureur général libyen a annoncé le lancement immédiat des investigations. Une équipe d’enquête, accompagnée de médecins légistes et d’experts en balistique, empreintes et toxicologie, s’est rendue sur les lieux et a procédé à l’examen du corps.
Les premières constatations ont établi que Saif al-Islam Kadhafi a été mortellement touché par plusieurs balles, confirmant la thèse d’un assassinat ciblé. Les autorités judiciaires ont indiqué avoir entamé la collecte de preuves, la délimitation du cercle des suspects et les procédures nécessaires à l’ouverture de poursuites pénales.
Réactions et démentis
Le 444e bataillon, l’une des principales forces armées opérant en Libye, a formellement nié toute implication dans l’assassinat.
De son côté, Moussa Ibrahim, ancien porte-parole du régime Kadhafi, a condamné l’attaque, la qualifiant d’”acte traître”. Il a affirmé avoir échangé avec Saif al-Islam deux jours avant sa mort, soulignant que ce dernier « aspirait à une Libye unie, souveraine et sûre pour tous ses citoyens ».
Interrogé par Sky News Arabia, l’universitaire et analyste politique Ahmed Al-Aboud a souligné que la région d’Al-Hammada est une zone ouverte et fragile sur le plan sécuritaire, où ont opéré par le passé des groupes extrémistes tels que Daech et Al-Qaïda. Il a estimé que tous les scénarios restent envisageables quant aux motivations et aux auteurs de l’assassinat.
Sur le plan politique, l’analyste rappelle que Saif al-Islam Kadhafi faisait face à d’importants obstacles juridiques, notamment un mandat de la Cour pénale internationale, qui entravaient toute candidature effective à des élections nationales. Malgré une base de partisans issue de l’ancien régime, ses tentatives politiques n’avaient pas abouti à des succès électoraux notables.
Une figure toujours clivante
Saif al-Islam Kadhafi demeurait une figure controversée et symbolique dans le paysage libyen post-2011, entre partisans de l’ancien régime et adversaires politiques. Son assassinat intervient dans un contexte de fragilité sécuritaire persistante, ravivant les inquiétudes quant à la stabilité du pays et à la capacité des autorités à assurer la protection des personnalités politiques.
L’enquête se poursuit afin de faire toute la lumière sur ce meurtre qui risque d’avoir des répercussions politiques et sécuritaires majeures en Libye.