Dans une déclaration accordée ce matin du mercredi 4 février 2026 au micro de la Radio Nationale, Mme Moufida Ben Nasr, directrice de la communication de l’Office National du Thermalisme et de l’Hydrothérapie (ONTH) a jeté la lumière sur le secteur de l’eau embouteillée.
L’invitée a de prime abord noté que, contrairement à l’eau naturelle chaude (plus de 25°) qu’on utilise dans les SPA et hammams pour ses bienfaits thérapeutiques, l’eau naturelle mise en bouteille et destinée à la consommation, est une eau non chaude (moins de 25°).
« A l’échelle national, nous disposons de 31 unités de mise en bouteille réparties sur tout le territoire tunisien et qui génèrentune production de 500 000 bouteilles d’eau par heure », signale Mme Ben Nasr. Et d’ajouter que durant les neuf premiers mois de l’année 2025, la production a atteint 2.100 millions de litres, soit une hausse de 8% par rapport à la même période de l’année 2024.
Vers un emballage vert
« Durant le forum Kapsa qui a été organisé dans la station thermale de Gafsa, nous avons étudié l’évolution du secteur et accordé une importance spécifique aux moyens possibles pour envisager une production verte. Les spécialistes ont discuté des techniques d’emballage et de mise en bouteille car nous voulons que les emballages en plastique ne nuisent pas à l’environnement », note-telle.
Les eaux en bouteille ne se valent pas
Contrairement à ce qu’un observateur non averti pourrait croire, les eux en bouteille ne sont pas toutes des eaux minérales et n’ont pas toute les mêmes compositions. A ce titre, l’intervenante a expliqué qu’il existe trois types d’eau en bouteille. A savoir : les eaux minérales naturelles, les eaux de sources et les eaux de table. « Chaque unité reçoit d’abord une autorisation préliminaire pour exploiter l’eau naturelle en tant qu’eau de source. Au bout d’une à deux années d’exploitation, le producteur est appelé à effectuer une analyse scientifique, approfondie et médicale sur l’eau pour la classer et découvrir ses bienfaits thérapeutiques. Et c’est à ce stade qu’on parle d’eau minérale. Donc l’eau de source est une eau naturelle dont on ne connait pas encore les bienfaits exacts et l’eau minérale est une eau naturelle dont les compositions et les bienfaits ont été analysées et classées. Par contre, l’eau de table est une eau naturelle qui ne peut pas être consommée à son état brut mais doit d’abord subir des traitements pour devenir potable », précise-t-elle.
L’eau en bouteille n’utilise que 0.19% des ressources naturelles
Je tiens à préciser, ajoute Mme Ben Nasr, que « les eaux naturelles exploitées pour être embouteillées ne représentent que 0.19 % de l’ensemble de nos ressources naturelles nationales en eau. Ainsi une seule unité d’exploitation des eaux naturelles utilise bien moins de ressources que l’eau naturelle utilisée pour irriguer un hectare de culture de tomate ! D’ailleurs, dois-je noter dans ce cadre que nous comptons 40000 puits anarchiques en Tunisie. Et ces derniers jouent un rôle bien plus important dans l’épuisement de nos ressources naturelles en eau, bien plus que les centres de thérapie et les unités de fabrications d’eau en bouteilles groupés ! »
La procédure légale
La responsable a, par ailleurs, indiqué que c’est le ministère de l’Agriculture qui accorde l’autorisation pour l’exploitation de l’eau naturelle. De fait, c’est aux ingénieurs et techniciens spécialisés d’étudier si l’exploitation est nocive ou pas. L’office n’accorde son autorisation d’exploitation qu’une foisl’aval du ministère de l’Agriculture est accordée. « Le règlement exige qu’on n’exploite pas plus de 5litres par secondes. D’où la nécessité d’avoir l’accord du ministère de l’Agriculture qui étudie justement si cette condition a été respectée. Par la suite, il est du devoir de l’ONTH d’examiner les résultats des études médicales menées sur l’eau pour confirmer les bienfaits thérapeutiques des eaux minérales tunisiennes aussi bien celles potables que celles utilisées dans le traitement de plusieurs maladies. Il revient aussi à l’Office de mener des recherches afin de trouver des moyens actualisés pour améliorer la qualité des services dans les centres du thermalisme tunisiens et par ricochet, renforcer leur compétitivité pour faire de la Tunisie une vraie destination de référence en la matière », conclut-elle.