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Retraite anticipée des femmes : des pensions divisées par deux, la CNSS menacée

  • 4 février 21:59
  • 3 min de lecture
Retraite anticipée des femmes : des pensions divisées par deux, la CNSS menacée

La proposition de retraite anticipée pour les femmes du secteur privé risque d’aggraver le déficit de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) tout en appauvrissant les bénéficiaires, a averti mercredi 4 février 2026 l’expert en systèmes de protection sociale Hedi Dahmane. Présenté il y a près d’un an puis relancé dans le débat public, ce projet permettrait aux femmes du privé de partir à la retraite dès 50 ans, sans la condition des trois enfants imposée dans certains cas du secteur public.

Intervenant dans l’émission Ecomag diffusée sur les ondes d’Express FM, Hedi Dahmane a souligné que cette proposition doit être analysée à deux niveaux. Sur le plan individuel, elle concerne chaque femme envisageant un départ anticipé. Sur le plan collectif, elle menace l’équilibre financier de la CNSS, déjà confrontée à la crise la plus sévère parmi l’ensemble des caisses sociales.

La formule actuelle de la proposition n’offre aucun privilège financier additionnel aux femmes optant pour la retraite anticipée. Aucune prime d’encouragement ni ajout d’années conventionnelles d’ancienneté n’est prévu. Le calcul de la pension se basera uniquement sur le nombre d’années ou de trimestres déclarés auprès de la CNSS, sans avantage complémentaire.

L’expert a précisé que la majorité des femmes âgées de 50 ans ne possèdent pas une carrière professionnelle dépassant 30 ans, à l’exception de certains secteurs pénibles comme les usines et les travaux manuels. Cette réalité se traduira par des pensions relativement faibles.

Risque d’appauvrissement
Dahmane a mis en garde contre les répercussions sociales de cette mesure, indiquant que la retraite anticipée pourrait entraîner une chute considérable du revenu mensuel de la femme et de sa famille. Une femme percevant un salaire d’environ mille dinars pourrait se retrouver avec une pension ne dépassant pas 500 dinars, tandis que celle touchant 600 dinars verrait sa pension tomber à 300 ou 350 dinars.

Incompatibilité avec la réforme globale
L’expert a insisté sur le fait que cette proposition alourdira la pression sur la CNSS, alors même que l’État évoque le lancement d’une réforme globale du système de retraite visant à garantir sa pérennité et son équilibre financier. Tout ajustement partiel ou mesure isolée constitue, selon lui, un replâtrage qui ne traite pas le fond de la crise.
La réforme véritable doit s’appuyer sur des études démographiques et financières précises tenant compte de l’évolution du nombre de cotisants, de bénéficiaires, de l’espérance de vie moyenne et des taux de déficit.

L’invité d’Ecomag a conclu en affirmant que la proposition, malgré sa dimension sociale apparente, risque de produire des résultats contraires si elle n’est pas intégrée dans une vision réformatrice globale du système de sécurité sociale en Tunisie.

Auteur

S. M.

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