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Urbanisme : Saïed appelle à une refonte des infrastructures et à la justice sociale

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  • 4 février 17:15
  • 7 min de lecture
Urbanisme : Saïed appelle à une refonte des infrastructures et à la justice sociale

Lors d’une rencontre tenue lundi avec la Cheffe du gouvernement et le ministre de l’Équipement, le Président de la République a pointé les dysfonctionnements persistants des services publics et des infrastructures.

La Presse — Il a insisté sur l’égalité d’accès aux services, la modernisation des quartiers populaires et la responsabilité des administrations, tout en soulignant le rôle crucial des jeunes générations pour poursuivre les réformes.

A ce propos, le Président de la République, Kaïs Saïed a souligné, au début de la rencontre, la nécessité de traiter dans sa globalité le lourd héritage accumulé, en particulier dans les domaines des infrastructures et de l’habitat. Il a relevé que de nombreux quartiers, bien que raccordés à l’électricité et à l’eau potable, demeurent dépourvus de réseaux d’assainissement ou de systèmes d’évacuation des eaux pluviales, ou souffrent d’un manque chronique d’entretien périodique, favorisant l’accumulation des déchets.

Ces constats, issus des visites de terrain effectuées par le Président de la République dans plusieurs régions, dont Bhar Lazreg, dans la commune de La Marsa, à la suite des récentes intempéries, ont mis en lumière des défaillances structurelles persistantes imputables à une gestion administrative défaillante et à l’absence de suivi effectif des projets réalisés.

Les pluies ont ainsi révélé l’ampleur des dysfonctionnements, isolant des citoyens, causant d’importants dégâts matériels aux habitations et bloquant des axes routiers, tandis que les administrations concernées n’interviennent, le plus souvent et rarement, qu’après la survenue des crises,  confirmant une approche réactive dénoncée à maintes reprises par le Chef de l’État.

Dysfonctionnements des services publics et urgence d’une gestion efficace

D’ailleurs, il a abordé les dysfonctionnements constatés dans le fonctionnement de certains services publics, indiquant être intervenu récemment pour la remise en service de plusieurs équipements d’éclairage public et de moyens de pompage des eaux, dont la réparation ne nécessitait que des interventions techniques simples.

Cette intervention directe du Chef de l’État met en lumière les limites d’un appareil administratif souvent entravé par la lenteur, l’improvisation et le déficit de suivi, où des dysfonctionnements pourtant mineurs finissent par se muer en crises majeures, faute de décisions prises en temps opportun.

Il est désormais établi que nombre de responsables administratifs demeurent prisonniers d’une culture bureaucratique rigide, réticents à toute prise d’initiative et enfermés dans des réflexes hérités d’un modèle administratif dépassé, au détriment de l’efficacité et de l’intérêt général.

Le fait que des équipements essentiels n’aient nécessité que des réparations techniques élémentaires pour être remis en service illustre, une fois de plus, l’ampleur des défaillances dans la gestion quotidienne des services publics, régulièrement dénoncées par le Président de la République lors de ses rencontres et de ses déplacements sur le terrain.

La réunion a ainsi servi de rappel clair et de mise en garde quant à la responsabilité des administrations concernées, appelées à rompre avec une culture de l’inaction et à assumer pleinement leurs missions au service du citoyen.

D’ailleurs, cette orientation s’est déjà traduite par des décisions concrètes, avec le limogeage de certains responsables, notamment des secrétaires généraux au sein des municipalités, après des manquements constatés dans l’exercice de leurs missions.

Routes et infrastructures : vers l’équité et la justice sociale

Le Chef de l’Etat s’est également arrêté sur l’état de plusieurs routes faisant l’objet de travaux de réfection alors qu’elles ne présentent pas un caractère prioritaire, au détriment d’autres axes nécessitant davantage d’entretien, de réhabilitation ou de reconstruction.

Cette attention portée aux priorités routières révèle également une dimension sociale cruciale. En effet, il est bien connu que les travaux de réfection se concentrent le plus souvent sur des zones mieux équipées, au détriment de nombreux quartiers populaires. Kaïs Saïed semble déterminé à mettre en application le principe de la justice sociale.

En insistant sur l’entretien et la reconstruction des axes les plus négligés, il cherche à mettre tous les habitants sur un pied d’égalité, en veillant à ce que l’accès aux infrastructures de base ne dépende pas du niveau de revenu ou de la localisation géographique.

En fait, la démarche du Président traduit une vision plus large de la gouvernance, où la planification urbaine et l’allocation des ressources publiques doivent être guidées non seulement par des critères techniques, mais aussi par des considérations d’équité et de cohésion sociale, afin de corriger des déséquilibres historiques qui ont souvent laissé certains citoyens marginalisés et isolés. C’est précisément cette quête d’équité et de justice qui incarne l’esprit de la Révolution tunisienne.

Urbanisme, logement et réformes législatives

Dans ce même esprit de justice sociale, Kaïs Saïed est par ailleurs revenu sur le mécanisme de la location-vente, réaffirmant la nécessité d’accélérer la réalisation de nouveaux quartiers dans l’ensemble des régions, à travers la Société nationale immobilière de Tunisie ou la Société de promotion des logements sociaux. Il a insisté sur l’importance de modèles urbanistiques réfléchis, qui ne se contentent pas de répondre aux besoins immédiats en logements, mais intègrent également une vision prospective et équitable.

L’objectif est d’éviter les déséquilibres historiques entre les régions et les quartiers, à garantir un accès égal aux services et infrastructures de base, et à créer des espaces de vie durables où toutes les catégories de la population trouvent leur place. Selon le Chef de l’État, la construction de ces quartiers doit être un outil de cohésion sociale et de justice territoriale, rompant avec les pratiques passées qui privilégiaient certaines zones au détriment d’autres.

Le Président de la République a conclu que des travaux sont en cours pour réviser de nombreuses législations, sauf que la modernisation des infrastructures nécessite surtout une nouvelle vision portée par la jeune génération et la reddition des comptes de tous ceux qui ont fauté à l’égard du peuple tunisien et contribué au gaspillage des deniers publics.

Cette conclusion du locataire de Carthage met en évidence deux priorités clés. Il s’agit tout d’abord d’une réforme en profondeur des infrastructures, qui ne consiste pas seulement à construire ou à réparer, mais à repenser de fond en comble la planification, le suivi et l’évaluation des projets publics. Elle souligne également la nécessité de responsabilité et de reddition des comptes, en ciblant ceux qui ont mal géré ou détourné les fonds publics.

Le Président rappelle ainsi que le progrès du pays passe inéluctablement par la transparence, la discipline et la fin de l’impunité. En résumé, la réussite des projets ne dépend pas seulement des moyens financiers ou techniques, mais aussi de l’intégrité et de la responsabilité de ceux qui les pilotent. Aux jeunes générations de prendre le relais.

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Auteur

Samir DRIDI

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