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Kaïs Saïed réclame la clôture du dossier des biens confisqués et la révision des cessions

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  • 5 février 08:12
  • 3 min de lecture
Kaïs Saïed réclame la clôture du dossier des biens confisqués et la révision des cessions

Le président de la République, Kaïs Saïed, a reçu, mercredi 4 février, au palais de Carthage, Mechkat Salama Khaldi, ministre des Finances, et Wajdi Hedhili, ministre des Domaines de l’État et des Affaires foncières.

La rencontre a été consacrée au dossier des biens confisqués depuis 2011, indique un communiqué de la présidence de la République. À cette occasion, le chef de l’État a estimé que la situation actuelle ne peut plus se prolonger. Plus de quinze ans après, de nombreux biens immobiliers et mobiliers demeurent dans le même état, tandis que la valeur de plusieurs d’entre eux s’est fortement dégradée. Certains ont même été cédés à des prix inférieurs à leur valeur réelle, à la suite d’actes de dégradation délibérés.

Kaïs Saïed a souligné que les choix opérés depuis 2011 n’étaient pas fortuits, mais visaient à contourner la révolution et à priver le peuple tunisien de son droit légitime à récupérer les fonds spoliés. Il a rappelé que la multiplication des structures et des institutions a contribué à diluer les responsabilités et à faire perdre les droits du peuple dans des circuits administratifs complexes.

Dans ce contexte, il a évoqué la création successive de la Commission de confiscation, puis d’une autre commission chargée de la gestion des fonds et des biens concernés par la confiscation ou la récupération, avant la mise en place d’un secrétariat permanent plus de deux ans après. À cela se sont ajoutées d’autres structures, notamment le pôle du crédit, de la liquidation et de la gestion judiciaire, ainsi que des organismes présentés comme des entités d’appui à la gestion des biens confisqués, à l’instar de la Société immobilière de Gammarth ou de la société Al Karama Holding. Le président a critiqué le rôle de cette dernière, soulignant qu’elle a cédé plusieurs entreprises à des prix dérisoires, en plus des montants importants versés aux administrateurs judiciaires chargés de ces structures.

Le chef de l’État a rappelé avoir appelé à plusieurs reprises à la clôture de ce dossier et à la révision de nombreuses opérations de cession, qu’elles concernent des biens immobiliers ou mobiliers. Il a toutefois dénoncé l’intervention de cartels ayant exploité le cadre juridique mis en place, qualifié de système dont l’apparence est conforme au droit mais dont la réalité le contredit.

Kaïs Saïed a enfin insisté sur la nécessité de mettre un terme à cette situation, affirmant qu’aucun millime relevant du droit du peuple tunisien ne saurait être abandonné, un droit qui ne se prescrit pas. Il a précisé que l’objectif est une reddition des comptes équitable et non un règlement de comptes. Ceux qui choisiront sincèrement la voie de la conciliation pourront y accéder, tandis que ceux qui opteront pour une autre voie devront en assumer les conséquences, concluant que la vérité est évidente et que l’erreur l’est tout autant, sans possibilité de position intermédiaire.

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Auteur

La Presse

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