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Retour sur la mort d’un élève à la suite de l’effondrement d’un mur : Tout danger banalisé n’est pas forcément une fatalité !

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  • 5 février 19:30
  • 5 min de lecture
Retour sur la mort d’un élève à la suite de l’effondrement d’un mur : Tout danger banalisé n’est pas forcément une fatalité !

Le décès, tout récemment, d’un élève âgé de 10 ans, à la suite de l’effondrement soudain du mur d’un bâtiment menaçant ruine, à la cité Aïn Nachra, à Téboursouk (Béja), a remué le couteau dans la plaie.

Cette perte humaine a fait remonter à la surface d’autres drames similaires survenus dans le passé.

La Presse —Toutefois, l’incident n’est surtout pas un cas isolé et encore moins accidentel, d’autant qu’il devient un fait récurrent, voire habituel. Et c’est malheureux de l’avoir ajouté à la liste si longue des victimes déjà recensées, au fil des jours et des mois. D’ailleurs, il y avait eu, en moins d’une année, un accident pareil, en avril dernier, au lycée secondaire de Mezzouna, à Sidi Bouzid, ayant fait trois morts et deux blessés. Encore une fois, les bâtiments menaçant ruine ont coûté la vie, si chère, à nos concitoyens.

Un laisser-aller mortel !

Cela n’est guère une fatalité, tant que le danger bien réel était souvent banalisé. La sécurité des gens n’a jamais été prise en considération. Et combien d’anomalies et de défaillances d’ordre structurel et infrastructurel, pourtant signalées et repérées, n’ont pas été rétablies dans les délais?

Et même si l’on en a parlé et reparlé, personne n’a levé le petit doigt et n’a daigné sortir sur le terrain pour faire l’état des lieux et procéder aux interventions nécessaires, avant qu’il ne soit trop tard. Puis, on revient, hélas, à la case départ pour se retrouver dans le même imbroglio procédural.

Un tel laisser-aller est visiblement constaté dans des ouvrages des biens publics si vitaux, tels que les infrastructures de base, les établissements éducatifs et de santé et bien d’autres aussi délicats, faisant courir des risques aux citoyens-usagers.

Chute de murs, fissures et crevasses sur des routes, effondrement de ponts, de salles de classe, des centres de santé et des hôpitaux en manque des moindres moyens de sécurité, les cas de constructions nécessitant autant d’interventions urgentes sont légion.

Toutefois, aucun des responsables en cause dans ces incidents n’est traduit en justice. Il y a lieu de rappeler que nombre d’accidents, bien qu’évitables, se sont déjà produits au cours de ces dernières années, dont l’erreur est plus souvent humaine, combinée parfois à certains problèmes techniques. La cause naturelle n’est pas à exclure, bien entendu, mais cela se fait presque rare. Ainsi, lors de fortes pluies, comme celles qui se sont récemment abattues sur tout le pays, les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Et les dégâts considérables déjà enregistrés dans certaines régions sinistrées sont un exemple édifiant de mauvaise gestion de crise et d’absence de stratégie proactive. Car, face aux imprévus climatiques et naturels, l’approche réactive ne change point. Au contraire, on se trouve devant le fait accompli, sans pour autant agir sur les conséquences.

Et les interventions post-catastrophe, bien qu’elles soient incontournables, se limitent, uniquement, à débloquer la situation et à rétablir l’ordre.

Sinon, elles ne font que constater les dégâts et dresser les bilans. Alors qu’on aurait dû intervenir en amont.

Pourquoi navigue-t-on à vue ?

Pourquoi n’a-t-on pas encore mis en œuvre la stratégie nationale de réduction des risques de catastrophe à l’horizon 2030, déjà adoptée en 2021 ? Qu’attend-on pour passer à l’action ? «Elaborée avec le soutien du Pnud, dotée d’un budget global de 548,7 millions de dinars, cette stratégie visait pourtant à rompre avec l’improvisation, en renforçant la résilience des infrastructures et en protégeant les populations vulnérables», selon une source fiable.

Et pourtant, nos autorités locales et régionales continuent à naviguer à vue. Sans aucun plan préétabli ! Et pour cause ! On n’arrive jamais à gérer les suites des crises quelle qu’en soit la cause.

Revenons au décès du petit enfant à Teboursouk, l’incident semble si prévisible que l’état du mur en disait long. Surtout que le bâtiment menaçant ruine relève de l’une des directions régionales dans la ville, selon le commissaire régional à l’éducation, Farouk Aouichi qui s’est rendu sur les lieux. Donc, il s’agit bien d’un danger réel toujours négligé par tous les responsables concernés. En fait, la négligence pourrait être à l’origine de l’impunité et de toute sorte de passivité.

Il a évoqué le nombre de drames et d’accidents dus, essentiellement, aux défaillances d’ordre structurel et infrastructurel. Nos écoles et nos hôpitaux, mal en point, figurent parmi les milieux insécurisés, leur état vétuste faisant craindre le pire et laissant planer, à tout moment, le spectre de la mort.

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Auteur

Kamel FERCHICHI

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