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Culture

Colloque sur la traduction de la religion à l’occasion du 20e anniversaire de l’ITI : Préserver la tension du texte et ses empreintes culturelles

  • 6 février 17:45
  • 5 min de lecture
Colloque sur la traduction de la religion à l’occasion du 20e anniversaire de l’ITI : Préserver la tension du texte et ses empreintes culturelles

Au cours des deux dernières décennies, l’ITI a contribué à la diffusion des œuvres scientifiques et culturelles tunisiennes, arabes et méditerranéennes, tout en assurant le transfert des savoirs, des sciences, de la littérature et de la philosophie vers l’arabe, selon des mécanismes scientifiques rigoureux encadrés par des comités spécialisés et un fonctionnement institutionnel participatif fondé sur le Conseil de l’entreprise et le Conseil scientifique.

La Presse — « La traduction est un acte civilisationnel et une seconde écriture, un levier essentiel de rapprochement entre les cultures et de construction d’espaces de dialogue entre les langues et les expériences humaines », a affirmé Taoufik Grira, directeur général de l’Institut de Traduction de Tunis (ITI), lors de l’ouverture, mardi à Tunis, du colloque scientifique intitulé « La traduction de la religion entre deux langues », organisé les 3 et 4 février.

Cette rencontre scientifique s’inscrit dans le cadre de la célébration du 20e anniversaire de l’ITI, placé sous le signe « Vingt ans de passerelle entre les cultures » (2006-2026), et réunit universitaires, chercheurs et traducteurs autour des enjeux contemporains de la traduction. Dans son intervention, M. Grira a mis en avant la dimension sociétale des projets menés par l’ITI, annonçant le lancement prochain d’un magazine pour enfants intitulé « Oumigaf », publié en arabe, en français et en anglais.

Cette initiative vise à familiariser les jeunes générations avec la pratique de la traduction et à ancrer, dès l’enfance, les valeurs du multilinguisme et de l’ouverture culturelle. Depuis sa création en 2006, a-t-il rappelé, l’ITI a fait de l’ouverture à l’autre un choix stratégique au service de la langue et de la pensée.

Revenant sur le cadre historique et juridique de l’institution, le directeur général a rappelé que l’ITI a été créé le 3 février 2006 par le décret n°401 portant création du Centre national de traduction, sous forme d’un établissement public à caractère non administratif, doté de la personnalité juridique et de l’autonomie financière.

En 2016, l’institution a été réorganisée et rebaptisée Institut de Traduction de Tunis. Il a souligné que les différentes équipes dirigeantes ont œuvré à consolider les valeurs culturelles, nationales et universelles inscrites dans le décret fondateur, permettant à l’ITI d’enregistrer un bilan significatif en termes de publications, de distinctions et de partenariats avec traducteurs, relecteurs, maisons d’édition et comités scientifiques de lecture.

Au cours des deux dernières décennies, l’ITI a contribué à la diffusion des œuvres scientifiques et culturelles tunisiennes, arabes et méditerranéennes, tout en assurant le transfert des savoirs, des sciences, de la littérature et de la philosophie vers l’arabe, selon des mécanismes scientifiques rigoureux encadrés par des comités spécialisés et un fonctionnement institutionnel participatif fondé sur le Conseil de l’entreprise et le Conseil scientifique.

Évoquant le thème de ce colloque, M. Grira a insisté sur une conception de la traduction qui dépasse la dualité classique de la fidélité et de la trahison, veillant à préserver la tension du texte et ses empreintes culturelles. Une traduction réussie, selon lui, est celle qui résiste à l’érosion du temps et aux goûts éphémères, pour devenir un nouveau texte porteur des valeurs de la science, de la modernité et de l’humanité.

Sur le plan quantitatif, l’ITI a publié 171 ouvrages, représentant près de 108.000 exemplaires imprimés, dont 16 titres en coédition et 6 en version électronique. Depuis sa création, l’institut a également obtenu 11 prix internationaux et 3 prix nationaux saluant la qualité de ses traductions et de ses initiatives scientifiques et culturelles.

Dans une perspective d’avenir, le directeur général a annoncé plusieurs projets, notamment le développement de la traduction numérique à travers le lancement de plateformes électroniques dédiées, le renforcement des programmes destinés aux enfants et aux familles, l’institutionnalisation de la formation dans le cadre juridique existant, ainsi que l’élargissement des partenariats internationaux, l’ouverture à de nouvelles langues et la traduction de productions scientifiques tunisiennes vers des langues étrangères afin d’en assurer la diffusion à l’échelle mondiale. 

Les travaux du colloque scientifique sur « La traduction de la religion » ont mis en avant des communications portant notamment sur les défis de la traduction des textes religieux et de la terminologie des sciences islamiques, l’interprétation des textes sacrés entre fidélité textuelle et sensibilité culturelle, ainsi que les problématiques liées à la traduction du Coran vers les langues européennes. Un atelier de traduction, depuis et vers l’arabe, était également au programme, avec une distinction pour les travaux des traducteurs les plus méritants.

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Auteur

Meysem MARROUKI

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