Chroniques de la Byrsa
La revanche du sloughi
Pour commencer, le mot que nous prononçons «slougui» a l’honneur de figurer dans le «Larousse», dictionnaire officiel de la langue française, mais sous l’orthographe observée dans le titre de cet article, c’est-à-dire avec un ‘’h’’. Allez savoir pourquoi. Voilà pour l’orthodoxie académique en matière rédactionnelle.
Mais revenons à notre sujet qui, d’ailleurs, ne concerne pas spécialement cette race canine mais dont celle-ci est seulement le prétexte. Nous allons parler de festivals, de leur conception chez nous, de leur fonction et de leur fonctionnement en Tunisie.
Ce n’est pas un sujet d’actualité, m’objectera-t-on.
Certes, la saison des festivals est derrière nous, à moins de considérer comme tels les quelques animations publiques tardives qui pourraient se tenir ici ou là. Mais pour les organisateurs, la prochaine édition de leur rendez-vous avec leur public est d’ores et déjà à l’ordre du jour.
Du moins doit-il en être ainsi.
Il y a déjà quelque temps que je ne cours plus les festivals. Question d’âge, assurément. N’empêche que je ne me désintéresse pas totalement de la question parce que cela fait bien longtemps que je décrie la manière de faire en la matière. On va comprendre pourquoi.
Une question revient systématiquement, lancinante : la modestie de la contribution des pouvoirs publics au budget des festivals
A entendre les organisateurs parler de leurs programmes dans les média avant, pendant et après l’événement, une question revient systématiquement, lancinante: la modestie (quel qu’en soit le montant) de la contribution des pouvoirs publics au budget de l’opération.
Ces jérémiades ont pour source l’idée, complètement erronée, que l’activité culturelle est, sur le plan financier, nécessairement déficitaire au profit d’un présumé gain sur le plan culturel.
Un puits sans fond, en somme. Or, dès les années 80 du siècle dernier, j’ai osé proclamer que le déficit des activités culturelles n’est pas une fatalité. Le regretté Abderrazak Chéraït s’est chargé de le démontrer brillamment sur le terrain, à Tozeur.
Pour ma part, je l’ai fait dans un rapport (bénévole) que j’ai adressé au directeur général de l’Office national du tourisme de l’époque ainsi qu’au gouverneur de Kébili dans la foulée d’une édition du Festival du Sahara, à Douz, que j’avais eu l’opportunité de suivre de A à Z.
Le «Festival de Douz» en était alors à sa vingt-troisième édition et j’avais eu la possibilité d’assister à quelques sessions des années précédentes.
Le scénario en était immuable, tel que rapporté par Wikipédia : (Sur) «la place H’nich entourée de tentes bédouines : courses et combats de dromadaires, fantasias, cérémonies de mariages traditionnels bédouins ou encore chasse au sloughi».
Pas meilleur moyen pour «suicider» une idée née dès le début du XX° siècle. Le même Wikipédia nous apprend en effet que «L’événement fait son apparition en 1910 sous la forme de marathons de méharées et de jeux folkloriques».
Il y avait déjà là le germe d’une entreprise gagnante quasiment dès le départ.
(A suivre)