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Ahmed ajabi et le sunday jazz big band au cinémadart : Le jazz en toute festivité

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  • 9 février 20:45
  • 6 min de lecture
Ahmed ajabi et le sunday jazz big band au cinémadart : Le jazz en toute festivité

Ce spectacle, où la musique de qualité et la bonne ambiance se sont invitées, est «le fruit de plusieurs mois d’ateliers, de répétitions et de passion partagée par tous les musiciens de la formation»

La Presse — Le CinéMadart à Carthage a accueilli lors de la soirée du 7 février le Sunday Jazz Big Band sous la direction du saxophoniste de renom Ahmed Ajabi. Ce spectacle affiché complet a rassemblé sur scène un nombre exceptionnel de musiciens pour ce genre musical.

Au programme, des standards internationaux, mais aussi du jazz tunisien. Au-delà de la qualité artistique indéniable, le public a été séduit par une ambiance de convivialité et de partage installée dès les premières notes.

Le concert du Sunday Jazz Big Band a réuni des musiciens incontournables reconnus en Tunisie et à l’étranger en plus de jeunes talents prometteurs. Les percussions, les cordes, le clavier et les cuivres ont dialogué dans une complémentarité inspirée.

Il y avait à la guitare Hedi Fahem, exlauréat du Prix Yamaha du Meilleur guitariste au monde.

Au piano, on a applaudi l’artiste américain Kyle Shafer, connu notamment pour son projet «Kyle Schafer Trio» et l’album «Tunisian Vibes», produit en collabration avec le label tunisien «Jazzit Records». Mohamed Khachnaoui, chercheur et fondateur du Dendri Stambeli Movement, était à la batterie. Le célèbre saxophoniste Chiheb Baazaoui, annoncé en invité, a livré une performance particulièrement captivante.

« Nous avons tenu à réunir le maximum de cuivres et d’instruments à vent possibles», a souligné Ahmed Ajabi avant de présenter les musiciens de cette section : Aux trompettes, Amir Hnia, Molka Hnia, Ahmed Hadj Mabrouk. Aux saxophones, Alix Gastambide, Ranim Ben Lamine, Khalil Kammoun, Skander Ayari et Mohamed Limem Smida. Il y avait également Mahmoud Ajabi au trombone, Mohamed Zouari à la flûte, Sofiane Saâdaoui à la contrebasse et Habib Bargui aux drums.

Chacun de ces musiciens a insufflé sa propre touche au concert, non seulement par le jeu collectif mais par les solos. Le public les a en effet fortement applaudis un par un, dans des moments de virtuosité individuelle au milieu des morceaux.

Comme la musique du jazz est réputée pour être élitiste, avec un public relativement réduit et des sonorités que seuls les amateurs du genre connaissent, Ahmed Ajabi et son band ont tenu à briser ce cliché dès le premier morceau. Le concert a été inauguré par une reprise de la bande originale de «The Pink Panther», composée par Henry Mancini. Cet air intemporel, vénéré par toutes les générations, est en effet du jazz léger avec un swing doux et enjoué typique des années 1960.

Il se veut comique et mystérieux à la fois, conçu pour accompagner l’humour et le suspense dans chaque épisode et pour souligner notamment le côté malicieux et furtif de la Panthère Rose. L’effet a été immédiat sur le public : des sourires et un dynamisme contagieux.

Le sentiment de proximité s’est prolongé avec la manière dont Ahmed Ajabi présente à chaque fois les musiciens et les morceaux. Une maîtrise artistique doublée d’une spontanéité à la communication qui crée un lien direct avec l’audience. Le Sunday Jazz Big Band a enchaîné avec “The Creeper” de Neal Hefti, un autre morceau des années 60.

Ensuite, place au chant avec Arij Smaili pour une reprise de «Sunny», un tube de Frank Sinatra. En dépit de son jeune âge, elle a imposé sa voix puissante et expressive avec aisance et émotion. Elle a également interprété «Just friends» de Charlie Parker et «Feeling good» de Nina Simone. Une chose est sûre: son talent et sa présence magnétique ont retenu tous les regards.

Le programme a inclut des morceaux instrumentaux, entre doux et autres plus rythmés. Le Sunday Jazz Band nous a enchantés avec des standards planétaires dont des compositions de Henri Mancini, Charles Mingus, «The first love song» de Bob Brookmeyer, «Splanky» de Neal Hefti, «Summer time » de George Gershwin, «Caravan» de Juan Tizolet Duke Ellington, «A little blues Please» de Sammy Nestico et «Cantaloup Island» de Herbie Hancock. Chaque morceau a été salué par des applaudissements nourris témoignant de l’enthousiasme du public.

L’un des moments les plus forts et touchants de la soirée est sans doute la reprise de «Trio Tango» de Fawzi Chekili, adapté pour une configuration assez large. L’ensemble musical a majestueusement joué ce morceau alors que le compositeur original était présent en salle. Cet hommage rendu souligne particulièrement la continuité entre les générations de jazzmen tunisiens et ce que l’on doit à ceux qui ont posé les bases de la scène de jazz tunisienne.

Fawzi Chekili est en effet célèbre en Tunisie et à l’étranger avec une longue carrière dense en créations et jalonnée de succès.

Après avoir brillamment dirigé le groupe, Ahmed Ajabi a retrouvé son saxophone pour conclure le concert par une prestation mémorable, pleine de brio et d’énergie.

Ce spectacle du Sunday Big Jazz Band, où la musique de qualité et la bonne ambiance se sont invitées, est «le fruit de plusieurs mois d’ateliers, de répétitions et de passion partagée par tous les musiciens de la formation», comme l’a indiqué Ahmed Ajabi. Il a remercié les spectateurs en leur confiant que les musiciens ne s’attendaient pas à jouer dans une salle archicomble et à un accueil aussi chaleureux.

Le concert a en effet réuni une audience éclectique, mêlant journalistes, artistes, jeunes et moins jeunes, Tunisiens et étrangers. Après une telle performance, le public conquis ne manquera pas de revenir pour les prochaines prestations. Ce qu’on peut néanmoins reprocher au Sunday Big Jazz Band, c’est ne de ne pas programmer assez de dates dans de plus grandes salles, au grand plaisir des mélomanes qui attendent déjà de les retrouver sur scène.

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Auteur

Amal BOU OUNI

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