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État de l’infrastructure en Tunisie suite aux dernières intempéries : Trouver les premiers remèdes

  • 9 février 19:45
  • 6 min de lecture
État de l’infrastructure en Tunisie suite aux dernières intempéries : Trouver les premiers remèdes

Sans que cela ne change grand-chose au décor urbain au cours des prochaines années, il va falloir au moins rétablir la situation au niveau de l’infrastructure tunisienne chancelante et se mettre sérieusement au travail pour réparer les dégâts causés dans tout le pays.

Mais le mal est bien plus profond à cause de décennies de mauvais choix des institutionnels et des omissions en termes d’aménagement des voiries et des canalisations d’évacuation des eaux pluviales.

Le tout avec une gestion des déchets loin d’être optimale et qui laisse encore à désirer…

La Presse — «Après la pluie le beau temps» certes mais après les intempéries en Tunisie, bonjour les dégâts ! Face aux défaillances accumulées dans les infrastructures et l’habitat, le Président de la République a appelé, en début de semaine, à une rupture nette avec des décennies de négligence. Routes, assainissement, éclairage public et logement social doivent être les nouvelles priorités nationales et les prochaines orientations des élus municipaux.

L’action municipale bat de l’aile dans le pays étant donné le manque de moyens mis à la disposition des responsables municipaux, mais aussi le travail limité dans le temps et dans l’espace avec pour fonctions le ramassage des déchets, le nettoyage des rues et des trottoirs emblématiques des villes ou encore quelques réfections et aménagements de biens publics sans aller au-delà. L’action municipale va devoir être dopée sciemment durant les prochaines années avec en ligne de mire les objectifs assignés par l’Etat à la suite des dégâts occasionnés par les eaux pluviales.

Des intempéries sur deux semaines depuis mardi 20 janvier 2026 qui ont mis à nu les carences de l’infrastructure tunisienne. Pire encore, de blocages monstres à différents endroits, des routes coupées, des voitures englouties sous les eaux et des écoles fermées dans de nombreuse régions durant 2 voire, 3 et 4 jours comme au Cap Bon, à Mida, à Tekelsa, à Kasserine et à Siliana.

Sans oublier les cinq victimes recensées de ces fortes inondations. Mais par-dessus tout une polémique a enflé ces derniers jours entre la relative violence de la tempête qui s’est abattue sur la Tunisie et le manque d’adéquation et d’adaptabilité de l’infrastructure qui n’a pas bien résisté aux chocs prévisibles et attendus à certains niveaux.

Mettre fin à la polémique

Tant de questions ont animé les débats publics et les discussions entre citoyens tunisiens ne sachant plus si c’est la force de la dépression qui a causé toutes ces catastrophes en ville conjuguées aux rafales de vents violents qui ont arraché les arbres comme à Sidi Bou Saïd (banlieue de Tunis) ou si ce n’est pas davantage la vétusté de l’infrastructure qui doit être remise à flot.

Une polémique qui doit cesser par l’action municipale en lui allouant un budget plus conséquent au niveau des équipements et mettre fin au laxisme adossé à un travail de fond des municipalités et communes tunisiennes à l’avenir, avec de meilleures conditions de travail et de plus grandes prérogatives accordées aux élus municipaux.

Le mal semble résider dans de mauvais plans d’aménagement des logements souvent affectés par les indondations depuis de nombreuses années, sans qu’un remède ou une solution radicale ne soit trouvée. De nombreux quartiers ont en effet été créés et dotés en électricité et en eau, mais sont restés dépourvus de réseaux d’assainissement ou de canalisations pour l’évacuation des eaux pluviales.

Même lorsque ces réseaux existent, ils n’ont pas fait l’objet d’un entretien périodique quand ils n’ont pas été totalement abandonnés ce qui a entraîné l’accumulation de toutes sortes de déchets. De ce fait, la nécessité de traiter dans sa globalité le lourd héritage accumulé, notamment en ce qui concerne les infrastructures et le-logement a été relevé par le Chef de l’Etat Kaïs Saïed. La vulnérabilité systémique avérée de la Tunisie, au niveau des résidences urbaines n’est pas pour arranger les choses…

Une vulnérabilité à la peau dure

Un expert tunisien en urbanisme, Mohamed Ali Ragoubi, a récemment fait un bref descriptif des causes sous-jacentes aux dégâts occasionnés à la surface par une contextualisation au regard du dernier épisode climatique en Tunisie. Il a fourni une preuve de terrain sur la vulnérabilité systémique en affirmant de façon implacable : «Le dernier épisode pluvieux intense qui a frappé la Tunisie a agi comme un révélateur brutal, confirmant sur le terrain que la vulnérabilité aux inondations n’est plus l’apanage des seules zones d’habitat spontané.

La tempête a démontré, par l’ampleur et la diversité des dégâts, l’échec simultané des différentes strates de l’urbanisme tunisien face à l’aléa extrême. Nous avons ainsi constaté la saturation quasi immédiate des quartiers récemment «aménagés», où l’imperméabilisation excessive des sols a généré des ruissellements de surface incongrus.

Parallèlement, les centres urbains historiques, dotés de réseaux d’assainissement souvent obsolètes ou sous-dimensionnés pour les densités actuelles, ont subi des refoulements majeurs. Enfin, le mythe de la sécurité par l’altitude a été ébranlé dans plusieurs quartiers surélevés, où la voirie s’est transformée en collecteur torrentiel, aggravant l’érosion et menaçant la stabilité du bâti. Cet épisode impose un constat sans appel: en Tunisie, face aux nouvelles réalités climatiques, le risque est désormais systémique et transcende les statuts administratifs des quartiers».

Plusieurs dysfonctionnements et manquements dans le fonctionnement de nombreux services publics ont été signalés. La remise en service des lampadaires d’éclairage public qui ne nécessitaient qu’un simple remplacement ou le changement de pièces de camions de pompage des eaux dans l’un des quartiers de la capitale ont été effectués, suite aux instructions présidentielles.

De nouveaux quartiers devraient voir le jour à l’avenir et qui soient plus en harmonie avec la surface des sols tunisiens et en phase avec les conditions climatiques du pays. Un urbanisme pus modéré, réfléchi et planifié doit remplacer un plan «sauvage» et peu respectueux de certaines normes immobilières dans des quartiers tunisiens.

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Auteur

Mohamed Salem Kechiche

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