Fin de l’impunité : La justice ne plie devant personne
Le Président de la République a placé l’indépendance de la justice au cœur de son action.
Les lourdes condamnations prononcées dans diverses affaires montrent qu’en Tunisie, personne n’est au‑dessus de la loi, quels que soient son rang ou son influence.
La Presse — La justice tunisienne a frappé fort ces dernières années en prononçant de lourdes peines dans des affaires majeures, notamment celles liées à l’atteinte à la sûreté intérieure de l’État (volets 1 et 2), l’affaire Instalingo, ainsi que les dossiers relatifs au financement et au blanchiment d’argent et aux assassinats politiques de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi.
Ces décisions judiciaires, qui ont également porté sur des affaires de corruption financière et administrative et les dossiers des biens mal acquis, traduisent une volonté affirmée de rétablir un principe fondamental de l’État de droit, à savoir que la justice ne saurait être soumise aux calculs politiques, dès lors que l’ingérence du politique dans le champ judiciaire constitue une menace directe pour l’indépendance de la magistrature, un principe régulièrement réaffirmé par le Président de la République.
Il va sans dire que derrière certaines affaires, il est apparu que des tentatives d’influence et de manipulation de l’opinion, parfois relayées par des acteurs étrangers, ont tenté de peser sur le cours de la justice.
«Quand la politique entre par la porte, la justice sort par la fenêtre», a rappelé à maintes reprises Kaïs Saïed, dénonçant une période durant laquelle certains chefs de partis ont confondu l’État avec un champ de partage d’intérêts, cherchant à instrumentaliser la justice au gré de leurs calculs et de leurs ambitions.
Ces dossiers présentent des similitudes frappantes. Ils impliquent, à des degrés divers, des personnalités politiques, des magistrats, des hommes d’affaires autrefois considérés comme intouchables et, cerise sur le gâteau, de hauts cadres sécuritaires, révélant l’existence de réseaux d’influence complexes ayant pesé sur le destin du pays.
Un autre point commun relevé par les enquêtes judiciaires est que le parti Ennahdha est identifié, selon les actes d’accusation, comme un acteur central de plusieurs de ces affaires.
Après 2011, son influence dans le paysage politique a coïncidé avec une période durant laquelle la Tunisie a été confrontée à une instabilité persistante, à la montée des groupes terroristes et à une série d’assassinats politiques, laissant le pays face à de graves crises sécuritaires et institutionnelles.
Le lourd tribut payé par la nation en témoigne. Le nombre de martyrs parmi les forces de sécurité et l’armée nationale dépasse aujourd’hui des chiffres douloureux, rappelant que la lutte contre le terrorisme s’est faite au prix du sang.
Si les groupes terroristes ont fini par être neutralisés, c’est grâce à l’engagement des forces sécuritaires et militaires, mais aussi à un contexte plus favorable, marqué par une stabilité politique retrouvée, une amélioration progressive de la situation économique et une baisse des tensions sociales.
La loi au-dessus de tout
Dans ce cadre, une conviction gagne du terrain. Un pays qui aspire à progresser ne peut se permettre d’hésiter à appliquer strictement la loi, quelle que soit la position sociale, politique ou économique des personnes impliquées.
La justice doit rester impartiale et indépendante, à l’abri de toute influence, qu’elle soit médiatique, politique ou économique, afin de garantir à chaque citoyen l’égalité devant la loi et de préserver la confiance dans les institutions de l’État.
Toutefois, cette volonté se heurte encore à des obstacles à l’international. Lorsqu’il s’agit de l’extradition vers la Tunisie de personnes inculpées dans des affaires de corruption ou de la restitution de biens mal acquis, les requêtes tunisiennes se heurtent souvent à des refus, comme dans les cas emblématiques de Belhassen Trabelsi ou de Sakhr El Materi. Une réalité qui nourrit un sentiment d’injustice et d’inachèvement du processus de reddition des comptes.
Pour autant, les condamnations récentes envoient un message clair. La justice tunisienne ne fait pas de distinction entre les individus. Qu’il s’agisse de présidents de partis politiques, de juges, d’hommes d’affaires influents ou d’anciens ministres, la loi s’applique à tous.
Cette fermeté judiciaire traduit la volonté de la justice de rester impartiale et de faire respecter la loi par tous. La justice ne plie ni devant les célébrités ni devant les rapports de force, affirmant ainsi son rôle central dans la reconstruction de l’État souverain et la restauration de la confiance des citoyens.