La saison 2026 d’échos electrik : Entre création artistique et ancrage territorial
Un colloque consacré à la résilience socioécologique en milieux arides se tiendra les 4 et 5 avril 2026 à Ksar El Ferch, en partenariat avec l’Institut des régions arides (IRA) de Médenine.
Neuf expert·e·s y seront invité.e.s à partager leurs savoirs et à débattre, en présence du public, des enjeux socioécologiques propres aux régions arides.
La Presse — L’association Echos Electrik entame l’année 2026 avec des projets inscrits dans une démarche de démocratisation culturelle, articulée autour du soutien à la création contemporaine, de la formation des jeunes et de la valorisation des patrimoines locaux.
C’est dans ce cadre que s’inscrit le programme E-FEST Camp, conçu en plusieurs phases autour d’un temps fort : le festival des cultures numériques E-Fest, qui a signé en 2025, après sept années d’absence, un retour remarqué. Déployé sur trois à quatre jours, l’événement propose une programmation pluridisciplinaire mêlant scènes dédiées aux musiques actuelles, installations numériques, ateliers d’initiation et masterclasses.
Il intègre également des espaces de dialogue citoyen à travers le programme Agora, ainsi qu’un village des partenaires mettant en lumière les acteurs socioéconomiques du territoire. En amont et en aval du festival, une série d’actions culturelles à impact direct est menée afin de renforcer l’ancrage local du projet et de consolider ses liens avec les publics de la région, précisent les organisateurs.
Ces actions comprennent des ateliers destinés aux plus jeunes, des résidences artistiques, des formations techniques qualifiantes ainsi qu’un colloque scientifique consacré aux enjeux environnementaux propres à la région de Tataouine.
Dans cette dynamique, et en partenariat avec la Maison des jeunes de Ghomrassen l’association Echos Electrik organise, du 2 au 7 février, un atelier de paintmapping, animé par l’artiste plasticienne Rahma Yahyaoui, l’artiste numérique vidéo Vincent Sanjivy et l’artiste numérique sonore Fernand Favier. Le paintmapping consiste à donner vie à une fresque par la projection mapping et la création sonore.
Créatif, ludique et interactif, cet atelier «trois-en-un» s’est adressé à quinze jeunes âgés de11à16ans.Illeuraoffert une immersion dans trois pratiques artistiques complémentaires à travers les arts plastiques, le mapping vidéo et la création sonore interactive, en vue de la réalisation d’une œuvre audiovisuelle collective. L’objectif était de proposer aux enfants un espace d’expression libre leur permettant d’explorer différentes formes de création et de nourrir leur imaginaire.
Encadrés par les trois artistes intervenants, les jeunes participants ont expérimenté chaque discipline et contribué à une œuvre commune inspirée par la thématique du sable.
Le programme comprenait le travail des matières, des peintures et d’objets volumétriques pour la conception d’un triptyque, l’utilisation de boîtes interactives spécialement conçues pour l’atelier et de logiciels de mapping pour générer et projeter des textures vidéo, ainsi qu’une initiation à la création musicale à partir d’instruments traditionnels modifiés et augmentés, combinée à la captation de sons du quotidien pour élaborer une composition jouée en direct. Un colloque consacré à la résilience socioécologique en milieux arides
se tiendra les 4 et 5 avril 2026 à Ksar El Ferch, en partenariat avec l’Institut des régions arides (IRA) de Médenine. Neuf expert·e·s y seront invité.e.s à partager leurs savoirs et à débattre, en présence du public, des enjeux socioécologiques propres aux régions arides.
Dans le même esprit, l’artiste franco-syrien Dino Ahmad Ali sera en résidence de création du 1er au 12 avril 2026 à Ksar El Ferch.
Intitulée «L’Arbre à paroles–Optique land art», cette création in situ, menée en collaboration avec Nidhal Chemengui et Wael Bouargoub (médiation auprès des habitants et enregistrement de podcasts), croisera mémoire du lieu, participation collective et expérience visuelle.
Du 6 au 10 avril, l’association impliquera également quatre opérateurs techniques de la région de Tataouine dans une formation intensive de cinq jours au complexe culturel de Tataouine.
Animée par Sélim Achour, cette formation vise à renforcer les compétences locales en matière de gestion de la sonorisation live.
Restauration progressive de Ksar El Ferch Dès la première édition décentralisée du festival E-Fest en avril 2025, les organisateurs ont fait le choix d’un système de billetterie à prix libre et conscient.
Les revenus ainsi collectés ont été, ont-il précisé, entièrement consacrés au lancement d’un programme de restauration progressive de Ksar El Ferch. Pour cette première phase, les travaux ont porté sur la façade du site
: pavage des entrées intérieure et extérieure, installation d’un éclairage de mise en valeur, remplacement de la grande porte par une porte en bois de palmier massif respectant l’esthétique locale, réparation de plusieurs pans de murs endommagés, ainsi que l’aménagement en gravier des espaces destinés au village des partenaires, à l’Agora et à l’entrée du camping, afin d’en faciliter l’usage.
Les organisaeurs investiront les recettes des prochaines éditions pour poursuivre ce chantier jusqu’à la restauration complète du site. Situé entre Tataouine et Ghomrassen, Ksar El Ferch incarne un patrimoine berbère précieux.
Le site, d’une superficie de plus de 13.000 m2, compte 280 ghorfas (des greniers traditionnels servant autrefois au stockage des denrées ) et constitue un témoignage remarquable d’un héritage local encore vivant.
