Question de la semaine : En quoi le «Growth Marketing» fait-il la différence ?
La Presse — Dans le monde du business, la concurrence est rude. Chacun y va de sa propre initiative pour se démarquer, attirer de nouveaux clients et conquérir de nouvelles parts de marché. Pour les entrepreneurs, la tâche est devenue fastidieuse. Chaque entreprise cherche des leviers de croissance à la fois efficaces, mesurables et durables. Dans ce contexte, une approche émerge et apparaît comme la solution qui coche toutes les cases : le « Growth Marketing ».
Il s’agit d’une stratégie qui s’est imposée progressivement, à la croisée du marketing, de la data et de l’innovation. Son objectif est simple mais ambitieux : faire grandir l’entreprise de manière durable, en se basant sur ce qui fonctionne réellement, et non sur des suppositions. Concrètement, au lieu de chercher uniquement à attirer des clients, le « Growth Marketing » s’intéresse à l’ensemble du parcours client.
Chaque interaction devient un indicateur utile pour fidéliser et surtout comprendre le comportement du client déjà acquis, une phase nécessaire et préalable à tout plan d’action. Ainsi, les marketeurs qui adoptent le « Growth Marketing » s’intéressent, par exemple, à la manière dont le client a découvert la marque, à la façon dont il utilise le produit, aux raisons qui le poussent à revenir, ou encore au fait qu’il ait recommandé la marque ou non.
L’objectif consiste à mettre en place des actions visant à optimiser l’ensemble du cycle de vie client et, in fine, à maximiser la valeur créée sur le long terme. Le « Growth Marketing » repose ainsi sur trois piliers: l’acquisition, la fidélisation et l’augmentation des revenus, avec l’exploitation intelligente des données comme moteur stratégique. Les données clients, mais aussi les données transactionnelles et relationnelles, deviennent des ressources clés pour comprendre les comportements, anticiper les besoins et personnaliser l’expérience.
C’est ce qui fait du « Growth Marketing » une discipline fondée sur une logique factuelle et mesurable, très éloignée de l’intuition ou des décisions prises « à l’aveugle », d’autant plus que chaque action est testée, analysée et ajustée afin d’améliorer les performances et le retour sur investissement.
Ce qui le différencie du marketing traditionnel réside surtout dans la méthode : là où le marketing classique cherche principalement à vendre ou à faire connaître un produit, le « Growth Marketing » vise à attirer les bons clients, à leur démontrer rapidement la valeur du produit, à les fidéliser et à accroître leur valeur dans le temps. Cette approche repose sur une philosophie simple : un client fidèle coûte moins cher qu’un nouveau client et génère davantage de valeur sur le long terme.
Les outils mobilisés pour atteindre cet objectif sont nombreux, mais gravitent tous autour de l’expérience client : tests, ciblage et reciblage, pop-up anti-abandon (fenêtre qui s’affiche automatiquement lorsqu’un utilisateur s’apprête à quitter un site afin de l’en dissuader), création de contenu, référencement naturel et payant, valorisation des avis clients, etc.
Ces outils permettent d’identifier avec précision les actions qui génèrent le plus de valeur à chaque étape du parcours client. Ainsi, les marketeurs considèrent que l’un des principaux apports du Growth Marketing réside dans sa vision centrée sur le client.
Une base client engagée réduit le taux de désabonnement, favorise le « repeat business » et contribue directement à l’augmentation du chiffre d’affaires. Cette approche agit également comme une méthode de persuasion efficace, puisqu’elle ne cherche pas à forcer l’acte d’achat, mais à démontrer en quoi l’offre répond concrètement aux besoins du client.
Cette logique est essentielle pour construire une relation de confiance et éviter une croissance artificielle, souvent éphémère. Le Growth Marketing s’organise généralement autour de la matrice « Aarrr » (Acquisition, Activation, Rétention, Recommandation, Revenu), un « Framework » largement adopté par les entreprises adeptes de cette méthode.
Le modèle permet de structurer la stratégie et de piloter la performance à chaque étape du parcours client, en alignant les actions marketing sur les objectifs économiques de l’entreprise.