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Société

Reportage – 12e édition du festival des agrumes de Hammamet : Un événement de proximité autour de l’orangeraie et ses produits dérivés

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  • 10 février 18:15
  • 5 min de lecture
Reportage – 12e édition du festival des agrumes de Hammamet : Un événement de proximité autour de l’orangeraie et ses produits dérivés

Comme à l’accoutumée, le grand chapiteau a abrité un grand nombre de variétés d’agrumes représentatifs de la biodiversité agrumicole de la région ainsi que des ateliers de préparation de confitures, sans oublier un concours du meilleur «cake» à l’orange.

La Presse — Sous un ciel gris et menaçant, la douzième édition du festival des agrumes de Hammamet a dressé son chapiteau et planté ses tentes, les 7 et 8 février, au pied du Fort de la médina de cette cité balnéaire.

Sous le pilotage de la section locale de l’Association d’éducation relative à l’environnement (Aere-Hammamet), une quarantaine d’artisans ont exposé leurs différents produits de terroir (confitures, marmelades, gelées, hydrolats de fleurs de bigaradiers, crèmes glacées aux agrumes, chips d’oranges, etc.) et même de la « baissa » (un mélange traditionnel tunisien de céréales (orge, blé) et de légumineuses (pois chiches, lentilles) torréfiées et moulues, relevé aux épices).

«Un rendez-vous incontournable» pour les artisans

«C’est devenu un rendez-vous incontournable pour les artisans culinaires et les petits producteurs de la région», fait savoir Rania Mansour, artisane réputée pour ses confitures et ses eaux florales certifiées. «Le tour de force de ce festival est incontestablement son emplacement au pied du Fort de Hammamet, juste en face de la corniche, en hyper centre-ville. Ce choix très judicieux et la présence d’une allée principale permettant aux visiteurs de passer d’une tente à l’autre offrent une grande visibilité à nos produits», renchérit-elle.

Idem pour Amira Makhlouf, présidente du Groupement de développement agricole (GDA) de Maâmoura qui participe pour la deuxième année consécutive avec ses produits sous l’étiquette de « Nokhet el-jdoud » (Les saveurs de nos anciens).

«Outre mon concept de chips d’oranges séchées (de fines tranches de maltaises de 3-5 mm d’épaisseur déshydratées au four à basse température pour obtenir des tranches croustillantes, Ndlr), idéales pour des collations saines, la décoration de desserts, de cocktails ou des guirlandes; je profite de cette occasion pour mettre en valeur mes variétés de «bsissa», notamment celle aux fruits secs : mon best-seller», déclare Mme Makhlouf. «Généralement, le démarrage est un peu timide, surtout avec les conditions climatiques de ce samedi. Mais la météo annonce un dimanche ensoleillé. On croise les doigts».

En plus des préparations alimentaires, les produits artisanaux (broderie, faux bijoux, poterie, etc.) étaient aussi au rendez-vous ainsi que plusieurs rubriques d’animations (ateliers de poterie et de dessin pour enfants) et de spectacles musicaux : une troupe de «soulamiya» (chant liturgique), un sympathique numéro de jeunes ballerines de Hammamet, un mini-concert musical du chanteur Rayen Youssef, un spectacle de folklore tunisien et un autre performé par le groupe «Ashab el-Baroud».

L’arboriculture menacée

En revanche, ce festival fut également l’occasion pour sensibiliser les visiteurs aux dangers qui menacent les vergers de citronniers et d’orangers, à Hammamet, face à une urbanisation galopante et une nappe phréatique de plus en plus saumâtre.

«Le patrimoine agrumicole hammametois est l’une des composantes essentielles de l’identité locale, qu’il convient de sauvegarder et de valoriser. Toutefois, l’arboriculture irriguée est aujourd’hui fortement menacée par le développement intensif du tourisme et l’urbanisme, la spéculation foncière, le morcellement des terres, les conflits autour de l’eau, le manque de sensibilisation des citoyens et la faiblesse, voire l’absence, de l’action publique», souligne Dr Salem Sahli, président de l’Aere-Hammamet.

«C’est dans ce contexte qu’est né le festival des agrumes qui a démarré grâce au projet Remee (Redécouvrons ensemble les mémoires de l’eau en Méditerranée), financé par le programme Euromed Heritage IV de l’Union européenne. Il ne s’agit nullement de figer ou de sanctuariser un patrimoine, mais au contraire de le faire revivre sans passéisme, sans nostalgie et de l’arracher de la « pénombre de l’insignifiance» qui risque de le jeter définitivement dans l’oubli.

Faire vivre le patrimoine agrumicole de Hammamet, vivre de ce patrimoine et lui redonner ses lettres de noblesse, tel est en définitive le défi que l’Aere et ses partenaires se proposent de relever. Et l’on constate que des jeunes sont prêts à prendre la relève», ajoute-t-il.

Et comme à l’accoutumée, le grand chapiteau a abrité un grand nombre de variétés d’agrumes représentatifs de la biodiversité agrumicole de la région ainsi que des ateliers de préparation de confitures, sans oublier un concours du meilleur « cake » à l’orange.

Le diabète en question

Enfin, les organisateurs ont également érigé une tente dédiée au dépistage du diabète (une prise de sang mesurant la glycémie) en présence de médecins et de nutritionnistes, distillant des conseils d’ordre diététique (comme adopter une alimentation équilibrée) et renforcer son système immunitaire à travers une bonne hygiène de vie dans le but de prévenir et se prémunir contre ce problème de santé publique.

«Qui dit agrumes ou produits transformés, dit sucre. On ne pouvait organiser un tel événement sans une action de sensibilisation autour du diabète et des risques des produits sucrés, notamment les confitures et les marmelades d’agrumes, sur la santé. Le proverbe dit : Mieux vaut prévenir que guérir», conclut Dr Salem Sahli, médecin-pédiatre à la retraite.

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Auteur

Abdel Aziz HALI

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