La coopération entre la Tunisie et l’Algérie dans les zones frontalières pourrait devenir un levier stratégique pour la croissance économique et la sécurité, selon Walid Kasraoui, chercheur en économie et conseiller en relations économiques internationales.
Lors de son intervention lundi soir sur Express Fm, il a souligné que les régions frontalières, longtemps marginalisées, souffrent de faibles infrastructures et d’un manque de services, limitant leur contribution au développement national.
Selon Kasraoui, les écarts de prix entre les deux pays alimentent des phénomènes tels que la contrebande et le monopole, freins majeurs à l’intégration économique. Il a rappelé que la Tunisie et l’Algérie ont récemment signé un protocole bilatéral comprenant plus de 25 points dans plusieurs secteurs. La mise en œuvre effective de ce protocole, estime-t-il, pourrait faire émerger un pôle économique multifacette et renforcer la dynamique commerciale et industrielle entre les deux pays.
Des solutions concrètes pour renforcer la coopération
Pour Kasraoui, la clé du succès réside dans la concrétisation des accords existants et la mise en place de solutions pratiques. Il propose notamment la création d’une zone franche conjointe, facilitant l’échange de produits non subventionnés, la simplification des procédures douanières et la réduction des temps d’attente aux postes-frontières.
Ces mesures permettraient de stimuler le commerce bilatéral tout en réduisant les effets négatifs liés à la contrebande et aux monopoles.
Kasraoui souligne en outre la nécessité de tirer parti de la volonté de l’Algérie de promouvoir la coopération économique, tout en reconnaissant les défis liés aux différences de ressources entre les deux pays. Il insiste sur un déploiement concret et progressif des initiatives, afin de garantir des résultats tangibles pour les populations locales.
Le Premier ministre algérien, Sifi Ghrieb, avait rappelé dimanche, à l’occasion du 68e anniversaire des événements de Sakiet Sidi Youssef, que le développement des zones frontalières est une priorité bilatérale.
Il a mis en avant l’importance de renforcer la coordination entre la Tunisie et l’Algérie pour accélérer la mise en œuvre des projets et améliorer la qualité de vie des habitants de ces régions, contribuant ainsi à un véritable partenariat intégratif entre les deux pays.