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Société

Grippe sévère et lésion cardiaque : pourquoi le virus endommage le coeur

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  • 11 février 13:12
  • 2 min de lecture
Grippe sévère et lésion cardiaque : pourquoi le virus endommage le coeur

Des chercheurs pensent avoir enfin compris comment les formes graves de grippe endommagent le cœur, apportant ainsi une explication à l’augmentation annuelle des crises cardiaques observée durant les pics épidémiques.

L’énigme des crises cardiaques saisonnières

Philippe Swirski, directeur de l’étude à l’Icahn School of Medicine de Mount Sinai à New York, a expliqué dans un communiqué que les études ont démontré depuis des années que la fréquence des infarctus augmente pendant la saison de la grippe mais qu’ils ignoraient  comment fonctionnent les mécanismes biologiques sous-jacents à ce phénomène».

Le mécanisme du « Cheval de Troie »

En analysant des échantillons de tissus de patients décédés de la grippe, les chercheurs ont découvert qu’un type de cellules immunitaires est infecté dans les poumons avant de migrer vers le cœur. Au lieu de remplir leur rôle habituel de défense en éliminant le virus, ces cellules infectées produisent massivement une protéine appelée interféron de type 1. Cette substance provoque des lésions directes sur les cellules musculaires cardiaques, affaiblissant ainsi le cœur.

Jeffrey Downey, co-auteur de l’étude, précise : « Ces cellules agissent comme un véritable « cheval de Troie » pour le système immunitaire. L’infection commence dans les poumons, mais les cellules transportent et propagent le virus jusqu’au cœur, affectant directement le myocarde. »

La vaccination comme bouclier

Les travaux publiés dans la revue médicale Immunity soulignent que la vaccination contre la grippe offre une protection significative contre ce type de dommages.

Selon Downey, des essais en laboratoire ont montré qu’un vaccin à ARNm — capable de réguler l’activité de l’interféron de type 1 — réduisait les lésions cardiaques liées à la grippe et améliorait la capacité de pompage du cœur (tests effectués in vitro et sur des souris). Pour Philippe Swirski, ces résultats ouvrent la voie au développement de nouveaux traitements préventifs, alors qu’aucune option thérapeutique efficace n’existe actuellement pour protéger le cœur des complications grippales.

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Auteur

La Presse

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