Ce projet de « télévision en circuit fermé » (Cctv), doté de logiciels intelligents de communication et de reconnaissance faciale, vise à permettre à la municipalité de Nabeul de « relier les différents sites importants de la ville à des caméras de surveillance via Internet et de les connecter à la salle de contrôle de l’Hôtel de Ville (siège de la municipalité) avec un accès direct pour les forces de l’ordre dans le but de réduire les infractions routières au niveau de certains ronds-points, grands carrefours et artères de la ville et surtout d’améliorer le niveau de fonctionnement de l’administration afin d’atteindre l’efficacité requise dans différents domaines, notamment la propreté et la protection de l’environnement, et en particulier la lutte contre les dépôts sauvages des déchets », souligne le chef du département informatique de la municipalité de Nabeul, M. Ahmed Helaili.
La Presse — En présence des cadres de la municipalité de Nabeul, le secrétaire général chargé de la gestion des affaires courantes de la mairie, M. Moez Belragcha, et le représentant de la société « Infratech , M. Hedi Ouali, ont signé vendredi dernier, à l’hôtel de ville, une autorisation administrative relative au projet de mise en place d’un système de surveillance numérique dans les installations administratives et sportives (Salle couverte de la plage et Salle couverte de Bir Chellouf) appartenant à la municipalité et aux grands carrefours de la Cité des Potiers.
Ce projet de Cctv (closed-circuit television, en anglais), « doté de logiciels intelligents de communication et de reconnaissance faciale, vise à permettre à la municipalité de Nabeul de « relier les différents sites importants de la ville à des caméras de surveillance via Internet et de les connecter à la salle de contrôle de l’hôtel de ville (siège de la municipalité) avec un accès direct pour les forces de l’ordre dans le but de réduire les infractions routières au niveau de certains ronds-points, grands carrefours et artères de la ville et surtout améliorer le niveau de fonctionnement de l’administration afin d’atteindre l’efficacité requise dans différents domaines, notamment la propreté et la protection de l’environnement, et en particulier la lutte contre les dépôts sauvages des déchets. », souligne le chef du département informatique de la municipalité de Nabeul, M. Ahmed Helaili.
La Cctv (« télévision en circuit fermé » en français) est en effet un système de vidéosurveillance où les images capturées par des caméras sont transmises à un groupe restreint de moniteurs, et non diffusées publiquement. Utilisée pour la sécurité, la prévention des crimes et l’enregistrement, elle se compose de caméras, d’enregistreurs et d’écrans.
Les réactions des habitants de la ville de Nabeul étaient mitigées à l’annonce de la signature de cette autorisation administrative.
« Ces dispositifs de caméras de surveillance et de reconnaissance vont sans aucun doute faire diminuer le taux de criminalité, notamment les de cambriolages, dans la ville. C’est un argument solide pour identifier et dissuader les malfaiteurs. On ne peut que saluer une telle initiative. », se réjouit un commerçant.
La reconnaissance faciale pointée du doigt
En revanche, à défaut d’un cadre juridique complet régissant l’utilisation des caméras de vidéosurveillance sur la voie publique, certains craignent un usage abusif des Cctv et surtout des technologies de reconnaissance faciale sur fond de « manque de transparence » et de « responsabilité ».
« La Tunisie ne dispose pas de cadre juridique complet régissant l’utilisation des caméras de vidéosurveillance sur les lieux publics. Par contre, c’est le flou total concernant la reconnaissance faciale. Donc, en pratique, les autorités peuvent plus ou moins s’en servir à leur bon vouloir », souligne une informaticienne.
En Tunisie, la vidéosurveillance est principalement encadrée par la loi organique n° 2004-63 du 27 juillet 2004 portant sur la protection des données à caractère personnel, nécessitant une autorisation préalable de l’INPDP (Instance nationale de protection des données à caractère personnel) pour les lieux ouverts au public. Ainsi, l’installation doit être justifiée (sécurité, protection des biens), signalée par des panneaux, et ne doit pas filmer les lieux de vie privée ou la voie publique.
En Europe, la vidéosurveillance en lieux publics est strictement réglementée pour protéger la vie privée, autorisée principalement pour les autorités (mairie) ou professionnels (commerçants) afin d’assurer la sécurité, prévenir le terrorisme, ou gérer les flux. Elle nécessite une autorisation préfectorale et, dans certains cas, une analyse d’impact (Aipd).
Plusieurs villes dans le monde ont adopté le système Cctv, tels que Paris (dont l’agglomération regroupe 11 millions d’habitants, la Ville Lumière compte 56.000 caméras), Madrid (25.000), Rome (22.000 caméras), Berlin (moins de 9.000) et surtout Londres. En effet, avec près de 691.000 caméras en service, soit environ une caméra pour 13 habitants, la capitale du Royaume-Uni détint à elle seule plus d’équipements de surveillance que de nombreux pays entiers.
Toutefois, avec plus de 15 millions de caméras sur 700 millions de systèmes de surveillance de Chine (soit un ratio de 494,25 caméras installées pour 1.000 personnes en moyenne dans tout le pays, NDLR), la capitale économique Shanghai serait ainsi la ville la plus surveillée au monde.