Tunisie : projet de loi pour interdire la nationalité aux enfants de migrants irréguliers
Le vice-président de la Commission de planification stratégique à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Tarek Mahdi, a annoncé la préparation d’un projet de loi visant à interdire l’attribution de la nationalité tunisienne aux enfants de migrants en situation irrégulière. Selon lui, ce projet a pour objectif de “couper toutes les possibilités légales et réglementaires” qui permettraient à ces enfants d’obtenir la nationalité.
Lors de son intervention mercredi 11 février 2026 sur Express Fm, Mahdi a exprimé ses préoccupations face à l’augmentation des naissances de migrants irréguliers sur le sol tunisien.
Il a en outre mis en lumière la prolifération du phénomène de mendicité chez certains enfants de migrants irréguliers, pointant les conséquences sociales de cette situation.
Le député a rappelé que de nombreux pays européens et américains appliquent des législations similaires, qui n’accordent pas la nationalité aux migrants en situation irrégulière.
Tout en insistant sur le respect des droits humains, Mahdi a souligné que la Tunisie n’avait jamais connu un afflux comparable de migrants irréguliers au cours des cinq dernières années.
Concernant la possible inscription de la Tunisie sur la liste de l’Union européenne des “pays d’origine sûrs”, Mahdi a affirmé que le Parlement “ne validera aucune décision portant atteinte à la souveraineté nationale” et a rappelé que ce dossier relève des prérogatives du président de la République.
Cette annonce intervient dans un contexte de débat européen et international, puisque 37 organisations avaient, la veille, appelé le Parlement européen à rejeter la liste des “pays d’origine sûrs”, estimant qu’elle pourrait priver les demandeurs de protection de leurs droits fondamentaux, tout en précisant que l’inscription sur cette liste ne garantit pas la sécurité dans le pays concerné.