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Sport

VAR et réalisateurs TV : Le maillon perdu

  • 12 février 11:06
  • 4 min de lecture
VAR et réalisateurs TV : Le maillon perdu
crédit photo : © Mokhtar HMIMA

La Presse — Chaque match à enjeu est pratiquement une potentielle polémique relative à la VAR. Tellement qu’on n’en finira jamais d’évoquer les cas de buts ou de penalties refusés ou accordés. Et chaque club se sent visé et derrière lui un public déjà déchaîné et incontrôlable sur les réseaux sociaux. Cette VAR, on en reparle encore une fois. Une première condition de sa réussite est la qualité du matériel et de la technologie utilisés. Ce n’est pas le cas malheureusement pour cette saison. Le matériel importé de Chine est le strict minimum pour que l’on ait une transparence totale et une fiabilité des décisions. La société parachutée, qui assure la VAR et pour laquelle le bureau a donné plus qu’un coup de pouce, a démontré toutes ses incompétences à plusieurs reprises. Avec un nombre de caméras pareil, et surtout les technologies de visualisation pour identifier un hors jeu ou un penalty éventuels dépassées d’après des techniciens qu’on a consultés, il est difficile d’attendre grand-chose. Les écrans utilisés aussi sur le terrain ne sont pas de grande qualité (et ça se voit à l’œil nu) et n’aident pas l’arbitre à trancher en deux minutes. Venons-en à un point crucial de la VAR tunisienne, le réalisateur. C’est le sujet le plus tabou que tout le monde veut enterrer. On le dit pour la énième fois, les réalisateurs accrédités et surtout celui qui gère la société chargée de la VAR dupent les téléspectateurs. D’abord, il y a le réalisateur de la télévision qui, souvent, choisit de répéter des actions sur l’écran et de zapper d’autres (pour protéger un club, bien sûr). Les angles choisis et les plans influencent beaucoup les décisions. On a vu comment une faute de main est diffusée 5 ou 6 fois de plusieurs angles, alors que d’autres fautes de main sont ignorées ou ne sont répétées qu’une ou deux fois et de loin pour probablement flouer le staff VAR. Le réalisateur dans la VAR est sa plaque tournante. Et les accusations vont tout droit vers un réalisateur omniprésent à tous les grands matches et qui ne peut pas être impartial en affichant son attachement à son club de cœur. C’est lui qui fournit les images TV comme il le veut et c’est lui-même qui monopolise ce rôle. A maintes reprises, son travail est si subjectif et manipulé clairement. Est-ce qu’il n’y a pas d’autres réalisateurs tunisiens ou même étrangers qui peuvent faire ce travail ? C’est qu’à chaque polémique, on culpabilise les arbitres principaux et ceux de la VAR (responsables en bonne partie sûrement) et on ferme les yeux sur le réalisateur TV qui fournit les images. Personne n’en parle, on ne sait pas pourquoi. Et tant que les images sont si gérées, on ne peut pas attendre une amélioration. La partialité, le détournement de l’attention, la mauvaise foi même sont indiscutables sur plusieurs matches. Si on veut une VAR plus transparente, on doit investir plus sur le matériel utilisé et sur une technologie plus développée et surtout il faut arrêter de protéger ce monopole de fait d’une même société et d’un même réalisateur partial qui dure depuis des années.

Auteur

Rafik EL HERGUEM

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