Enda Inter-Arabe – Looking for My Mother de Anis Lassoued – De l’absence à la parole : quand l’art devient résistance
A travers la projection du documentaire « Looking for My Mother » et la diffusion du clip engagé « Mchiti w Khalitini », Enda Inter-Arabe propose un rendez-vous où l’intime rejoint le collectif.
Une œuvre née d’une expérience de vie qui interroge l’abandon, la quête identitaire et affirme le rôle citoyen de l’art comme espace de résilience et de transformation sociale.
La Presse — Il est des œuvres qui ne naissent pas d’un simple élan artistique, mais d’une faille intime. Des œuvres qui portent en elles une blessure, une quête, un cri retenu. La projection du documentaire « Looking for My Mother », suivie de la diffusion du clip engagé « Mchiti w Khalitini », s’inscrit dans cette dimension rare où l’art devient à la fois témoignage, réparation et acte citoyen.
Le vendredi 13 février à 16h00, à l’Espace El Kahina, Enda Inter-Arabe propose bien plus qu’une séance de projection : un moment de réflexion collective sur l’abandon, l’enfance et la quête des origines. Réalisé par Anis Lassoued, le documentaire retrace le parcours intime de Moez Chriti, jeune artiste en quête de sa mère biologique. Une quête personnelle qui dépasse le récit individuel pour interroger les silences sociaux, les stigmates et les normes qui entourent encore l’abandon.
De cette traversée est né « Mchiti w Khalitini » ( Tu es partie et tu m’as laissé), un clip porté par Moez Chriti et Haroun Hamza. Loin d’un simple projet musical, l’œuvre s’impose comme l’aboutissement d’un chemin de résilience. Chaque note, chaque image porte la mémoire d’une absence transformée en force créatrice. Soutenue par Enda Inter-Arabe, cette création témoigne de la capacité de l’art à métamorphoser la douleur en parole publique.
En donnant à voir d’abord le documentaire, puis le clip comme prolongement artistique de cette histoire, l’événement propose une lecture complète du processus : de l’expérience vécue à sa transfiguration esthétique. L’art y apparaît comme un espace de reconstruction, mais aussi comme un outil de questionnement social.
La rencontre, ouverte au public et particulièrement aux journalistes, producteurs, acteurs culturels et leaders d’opinion, se poursuivra par un débat interactif en présence de Moez Chriti et du cinéaste Anis Lassoued. Les échanges porteront sur le poids des normes sociales liées à l’abandon, à la quête identitaire, au besoin de reconnaissance, mais aussi sur la responsabilité citoyenne de la création artistique. Comment l’art peut-il briser le silence ? Comment peut-il transformer les regards et ouvrir des espaces d’empathie ?
A travers cette initiative, Enda Inter-Arabe réaffirme sa conviction que la culture n’est pas un luxe, mais un levier d’émancipation. En accompagnant des trajectoires de vie fragiles et en leur offrant un espace d’expression, l’organisation rappelle que l’engagement peut prendre la forme d’un film, d’une chanson, d’un témoignage — et que la création, lorsqu’elle se nourrit du réel, devient un acte profondément politique au sens noble du terme : celui qui relie l’individu à la cité.