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Editorial

Ils vendent la poudre, nous défendons l’avenir !

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  • 13 février 16:21
  • 3 min de lecture
Ils vendent la poudre, nous défendons l’avenir !

Il est des combats qui ne souffrent ni demi-mesure ni temporisation. Celui qui s’ouvre aujourd’hui contre la drogue dans nos établissements scolaires appartient à cette catégorie d’urgences absolues où la décision politique ne relève plus du choix, mais du devoir. Face à la propagation insidieuse des stupéfiants à l’intérieur et aux abords des écoles, le Président Kaïs Saïed a sonné l’alerte : protéger l’élève, c’est protéger la nation en devenir.

La drogue n’est pas seulement un poison chimique; elle est un dissolvant social. Elle ne détruit pas uniquement des corps adolescents, elle altère des consciences, fragilise des familles, fissure l’édifice collectif. Là où l’école devrait être sanctuaire du savoir, certains réseaux sans honte ni scrupule ont tenté d’installer leurs comptoirs de la déchéance. Il fallait nommer l’ennemi, et l’affronter. C’est désormais chose faite.

Mais l’originalité de cette approche réside dans ce refus de réduire la riposte à sa dimension sécuritaire. Certes, les patrouilles doivent être visibles, constantes, dissuasives. Certes, les gros trafiquants doivent être traqués, identifiés, neutralisés. L’État, dans sa fonction régalienne, se doit d’être ferme. Toutefois, l’ordre public ne saurait suffire si l’ordre intérieur — celui des esprits — demeurait vulnérable.

Consacrer chaque jour un temps pédagogique à la sensibilisation aux dangers de la drogue n’est pas un détail administratif: c’est une stratégie civilisationnelle. Car l’antidote véritable n’est pas seulement dans la saisie des cargaisons, il réside dans la formation du jugement, dans l’apprentissage du discernement, dans la réhabilitation de l’instruction civique comme boussole morale. 

Le rappel du caractère stratégique du secteur éducatif n’est pas fortuit. Une erreur en matière d’enseignement se paie sur deux décennies; une génération mal accompagnée devient une génération vulnérable. L’«analphabétisme masqué» évoqué par le Chef de l’État — cette incapacité à penser librement malgré l’accès aux mots — constitue un terreau fertile pour toutes les dépendances, y compris narcotiques. Là où l’esprit n’est pas armé, le poison prospère.

Il appartient désormais aux ministères concernés de ne pas baisser la garde. Ouvrir un front est une décision; le tenir est une responsabilité. Nos enfants ne sont ni des statistiques ni des dommages collatéraux d’économies criminelles transnationales. Ils sont la promesse tunisienne. Et toute politique digne de ce nom commence par honorer ses promesses.

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Auteur

Salem Trabelsi

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