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Société

Importation contre spéculation : Un moyen pour baisser les prix

  • 14 février 20:00
  • 5 min de lecture
Importation contre spéculation : Un moyen pour baisser les prix

Tout a été fait pour lutter contre les spéculateurs et les hausses en spirale des prix.
On le savait d’avance, la bataille était perdue. Ces “criminels” ont plus d’une corde à leur arc. Ils maîtrisent les arcanes du marché et savent se tirer d’affaire quoi qu’il leur en coûte.

La Presse —Ni le contrôle économique, dans sa version actuelle, ni les sanctions contenues dans les textes de loi ne réussiront à les dissuader de s’adonner à leurs pratiques illicites.

Le constat est là. Incontestable : l’escalade des prix n’est pas près de s’arrêter.

Pis encore, tous les produits, sans exception, sont à la hausse. Qu’on fixe des plafonds ou qu’on limite les marges bénéficiaires, rien n’y fera. Tout le monde a pu le constater lors de précédentes mesures similaires.

Briser l’échine des spéculateurs

Il s’avère que toutes les méthodes adoptées jusqu’ici n’ont pas réussi à calmer les marchés.

Ces spécialistes des magouilles commerciales sont passés maîtres dans l’art d’esquiver toutes les mesures officielles destinées, comme on le dit, à “défendre le pouvoir d’achat des citoyens “.

Donc, ce n’est pas avec de telles dispositions qu’on parviendra à arrêter cette dérive. Il faut frapper dans le portefeuille de ceux qui ne se plient pas aux règles et de façon radicale.

L’État est en droit de prendre toutes les mesures pour leur imposer un respect strict des lois. Quitte à recourir à l’importation. Oui. Il nous semble que cette option aura le mérite de faire réfléchir plus d’un avant de se livrer aux pratiques spéculatives. Y compris certains agriculteurs qui s’acoquinent avec ces hors-la-loi.

L’importation massive de certains produits de base comme les produits maraîchers (pommes de terre, par exemple) ou les viandes rouges reviendrait moins chère. Ce n’est, nullement, un crime que de recourir à cette solution. Le prix de la viande rouge, si elle est importée d’un marché européen, ne dépasserait pas les 35 ou 40 dinars sur nos marchés. En effet, sur place, ce produit tourne autour d’une dizaine d’euros. Fin janvier, le kg en France se situait entre 9.95 € et 11.70 €.

L’action de la société Ellouhoum n’a produit aucun effet sur le cours des viandes rouges. Les quantités importées sont insignifiantes par rapport à la demande. Là aussi, la voie est libre devant les profiteurs qui accaparent de gandes quantités, ne laissant que des miettes aux simples citoyens

De leur côté, les prix des pommes de terre ne dépassent pas 0,4 €. Soit à peine l’équivalent de 1 D 200.

À notre sens, c’est plus important que d’importer des bananes et autres fruits exotiques ou produits de luxe superflus et sans nécessité.

Vigilance et contrôle strict

Il faudrait signaler, toutefois, que le recours à cette orientation n’ait pour objectif que d’exercer la pression la plus forte qui soit sur les profiteurs et autres complices afin qu’ils se conforment aux réglementations en vigueur.

De là, on comprend que les mesures en question dureront tant que ces gens ne se plieront pas aux exigences.

Les produits importés seront, alors, écoulés dans les grandes surfaces. Celles-ci seront, ainsi, appelées à contribuer pleinement à la réussite de l’opération.

En parallèle, une vigilance extrême serait de mise pour barrer la route à toute tentative de détournement des marchandises vers d’autres circuits. En d’autres termes, faire en sorte que les spéculateurs n’achètent pas les produits pour les revendre à des prix plus élevés. C’est ce à quoi on a assisté précédemment pour l’huile d’olive (entre autres) proposée à 12 d 500. Celle-ci a été “raflée” et remise sur les marchés parallèles avec des prix bien  supérieurs.

De même, il faut en finir avec la soi-disant liberté des prix. Car ce concept est dévoyé par nos bouchers. Dans les faits, cela doit se répercuter soit par des hausses ou des baisses des prix de la viande. C’est selon l’offre et la demande. Or nos bouchers ne reconnaissent qu’une seule règle : celle de la hausse continue.

Aussi faudrait-il faire appel à la vigilance des organisations qui s’affichent comme les défenseurs du consommateur. En outre, les services de contrôle économique doivent assouplir les formalités et faciliter l’accès des citoyens à leurs services.

Aujourd’hui, un lanceur d’alerte ne peut pas bénéficier de l’anonymat dès qu’il pense à signaler une anomalie ou des infractions. C’est une façon comme une autre de dissuader le consommateur à coopérer à la lutte contre la spéculation.

Lire aussi:  Ramadan : la société Ellouhoum annonce le prix officiel de la viande rouge

 

Auteur

Amor CHRAIET

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