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Culture

Mes Humeurs – Mémoires en chansons : les Éternelles

  • 14 février 17:30
  • 3 min de lecture
Mes Humeurs – Mémoires en chansons : les Éternelles

La Presse Dimanche dernier. Ciel plombé, grisaille d’un jour sans éclat. Au Théâtre municipal est programmé un spectacle aux parfums d’autrefois, disons à suspendre le cours des heures, et dont le titre incite plutôt à la joie. L’affiche annonce une musique de la gaieté et du sourire, le spectacle est proposé et dirigé par Rafik El Gharbi. Son titre, tiré d’une chanson de Michel Fugain « Chante la vie, chante », invite à la bonne humeur. Au programme, des chansons indémodables et des célébrités intemporelles ; Edith Piaf, Dalida, Charles Aznavour, Joe Dassin, pour n’en citer que quelques- uns. Un spectacle de variétés, ça tombe à pic pour chasser le spleen en réveillant des souvenirs anciens.

Le théâtre est comble, moyenne d’âge 60 ans, un public parfait pour ce style de spectacle, discipliné et familier du répertoire, apparemment prêt à reprendre les refrains à cœur joie, à participer en chantant et en dansant. Le décor, sobre, sans apparat, ni esbrouffe, Rafik Guarbi, maître des lieux, au premier plan à gauche, discret devant son piano, dirigeait son ensemble, chantant et présentant chaque chanson, chaque interprète avec un plaisir évident. « Chante la vie, chante » est le troisième spectacle monté par Rafik Gharbi, il a été précédé par « Hier encore » à l’occasion du centenaire d’Aznavour et de « Gigi et la môme », on voit par là que le goût musical du chanteur-compositeur penche vers la variété française des décennies 60, 70 et 80. On est preneur.

Lorsque résonnèrent les premières mesures de « Pour un flirt » de Michel Delpech, interprété en duo par Aida Niati et Dhirar Kefi, suivi du célèbre refrain « Aux Champs-Elysées », le public a vite saisi le tempo, un départ vif et entraînant.     

Suivent les airs de la môme Piaf « La foule », etc. ; un frisson parcourut l’assemblée, planait sur la scène, non comme une ombre écrasante, mais comme une présence légère. L’interprétation, dépouillée, presque fragile de Aida Niati, rappelait que ces chansons ne vivent que par la sincérité de ceux, (elle, en l’occurrence) qui les chantent. Sans surprise, les chansons furent accueillies avec enthousiasme et enchantement, suivies d’une salve d’applaudissements. C’était implicitement annoncé.

Sur scène, les artistes se sont éclatés, la chanteuse Aida Niati, en vedette, récemment intégrée à la troupe, s’est mise sur ses trente-et un ; en robe longue de fête, elle trônait au centre de la scène, emportant le public dans chaque refrain avec une exaltation communicative.

Et voilà nos oreilles dressées, à l’affût des refrains de « Padam » d’Edith Piaf, avec des motifs courts comme des ostinatos mélodiques ; sons de violons à l’appui,  Aida  s’élance, les bras ouverts, la voix chavirée (beaucoup de vibratos) et des trémolos pour accentuer cet hymne à la nostalgie amoureuse ;  à ses côtés Dhirar Kefi, guitariste-compositeur qui, apprend-on, s’est mis pour la première fois à chanter ( sur scène) , sa voix chaleureuse soutenait celle de Aida, à eux deux, ils ont fait sensation sur le plateau.

Et puis…une escale ardente du côté du tango, une pièce moderne courte (sans le bandonéon, dommage), pour faire chavirer les corps et titiller les souvenirs. Le public est ravi ; il ne s’est pas trompé,  contre la grisaille d’un dimanche crépusculaire, il a fait le choix des rythmes spectaculaires.

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Auteur

Hamma Hannachi

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