Attentat de la Ghriba : la médecin amie du tireur sort du silence devant la justice
Une médecin résidente à Djerba, présentée comme l’amie de l’auteur de l’attaque contre la synagogue de la Ghriba en 2023, a comparu vendredi 13 février 2026 devant la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme du tribunal de première instance de Tunis. Elle est poursuivie dans le cadre du dossier lié à cet attentat qui avait profondément marqué l’opinion publique en Tunisie et à l’étranger.
À la barre, l’accusée a reconnu avoir entretenu une relation sentimentale avec l’auteur de l’attaque, précisant qu’ils communiquaient régulièrement par téléphone et via des applications électroniques. Elle a toutefois nié catégoriquement avoir eu connaissance de son projet ou de son adhésion à une idéologie extrémiste, affirmant n’avoir jamais soupçonné qu’il préparait un acte terroriste.
Selon ses déclarations, l’homme lui avait évoqué son intention de quitter son emploi et de se rendre au Levant. Elle affirme cependant ne pas avoir imaginé qu’il envisageait de rejoindre l’organisation terroriste Daech, ni perçu chez lui des signes de radicalisation religieuse.
La prévenue soutient ainsi qu’elle ignorait totalement ses intentions criminelles et qu’elle n’avait relevé aucun comportement laissant présager un passage à l’acte.
Le ministère public reproche néanmoins à l’accusée plusieurs infractions graves, notamment l’adhésion à une organisation terroriste en Tunisie et à l’étranger, la pratique du takfir et l’incitation à celui-ci, ainsi que l’apologie d’une organisation terroriste par quelque moyen que ce soit. Elle est également poursuivie pour non-dénonciation d’informations relatives à des crimes terroristes ou à leur préparation présumée.
L’affaire s’inscrit dans la continuité des procédures judiciaires engagées à la suite de l’attaque de la Ghriba en 2023, l’une des plus graves actions terroristes commises en Tunisie ces dernières années, qui avait suscité une vive émotion tant au niveau national qu’international.
Le procès devrait se poursuivre afin d’examiner l’ensemble des éléments du dossier et de déterminer le degré de responsabilité de l’accusée dans cette affaire.